Blog de Séverine Bourguignon

20 octobre 2014

ART WAR

Vendredi 17 octobre, je me suis rendue au Salon d'Automne qui se tenait sur les Champs Elysées pour assister à la conférence qu'y donnait Antonio Manfredi. Pour mémoire, il est le directeur du musée d'art contemporain CAM près de Naples et a brûlé des œuvres de sa collection permanente pour protester contre les coupes budgétaires de l'état italien (voir mon article du 23 avril 2012 sur le blog ou chercher CAM ART WAR).

Antonio Manfredi a rappelé brièvement la situation qui l’avait amené à prendre une décision aussi radicale que celle de brûler des œuvres d’art avant de laisser place au débat. Le directeur du Salon d'Automne a aussi pris la parole à plusieurs reprises, déviant du sujet de la conférence "l'autodafé des œuvres d'art comme ultime geste créatif" pour se plaindre des baisses de subventions, du manque de reconnaissance des artistes, de la concurrence du marché financier de l'Art Contemporain… Ses propos sont fondés mais ce discours, que je qualifierai de "misérabiliste" ne va pas beaucoup aider les artistes déjà souvent perçus comme des boulets pour la société.  Dire que les artistes sont malheureux ou qu’ils manquent de moyens est une chose, trouver des solutions pour se faire entendre en est une autre. 

Rien de brillant n’est sorti de ce débat, à part les convictions de Mr Manfredi. Ce dernier a réagi à des propositions qui lui étaient soumises par des prises de paroles dans le public. L’idée d’un collectif d’artistes lui a tout simplement parue dépassée et il préférait le mouvement spontané qui s’était constitué autour de son action, rappelant que nombreux avaient été les artistes à répondre favorablement à son appel mais plus nombreux encore ceux qui avaient refusé, ne voulant pas voir la valeur marchande de leur travail partir en fumée. Il a parlé d’un art IKEA au sujet de la spéculation faite autour des stars de l’art contemporain (Martin Hirst, Jeff Koons, Wim Delvoye, Paul MacCarthy). Je crois que ce qui m’a le plus marqué, c’est le rappel qu’il a fait à la salle, remplie en grande partie par des artistes exposants sur le Salon, qu’une œuvre d’art cesse d’en être une lorsqu’elle est créée pour séduire un public ou dans le but d’être vendue.

A côté de moi durant la conférence, se trouvait Stéfanie Appel, la toute 1ère journaliste à avoir écrit un papier sur le CAM ART WAR. Elle m’a dit qu’elle aussi avait eu le choix en tant que journaliste de faire un papier "facile" sur une exposition sponsorisée par une marque de luxe ou d’imposer à son rédacteur en chef un papier sur le combat du CAM d'Antonio Manfredi. J'aurai bien aimé que quelqu'un durant cette conférence, rende hommage aux journalistes. En effet, les journalistes sont les porte-voix de bien des causes, dont celle des artistes. Le Monde a publié deux longs articles sur la CAM ART WAR depuis 2012 ou encore un formidable papier cet été sur le statut des artistes non-intermittents (voir mon blog du 5 août 2014).  

Je ne l'ai pas fait lors de cette conférence, je le fais sur ce blog. Je salue les journalistes pour leur travail d'investigation, pour leur engagement et pour leur foi dans leur métier tout aussi difficile actuellement, sinon plus, que celui des artistes. Durant le Salon d'Automne, quelqu'un a demandé: "sans art, que devient une société?", moi je demande: "sans journalistes indépendants, que devient une société?".

denis robert

Denis Roberthttp://www.galeriew.com/artistes/denis-robert
Merci à Brigitte Batcave pour le choix et la photo de l'oeuvre.

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13 octobre 2014

CODEX DU DELTA

Après un long mois de silence, me voilà de retour sur le blog pour vous dire que Sophie http://www.sophiesusplugas.com/ et moi sommes installées dans le nouvel atelier rue du Delta. C'est amusant de travailler dans une boutique et de voir le mouvement de la rue, les passants pressés, ceux qui flânent, ceux qui veulent absolument entrer et ceux qui cherchent la préfécture.

Pour les curieux, nous ouvrirons nos portes pendant les ateliers d'artistes des14, 15 et 16 novembre http://www.anversauxabbesses.fr/

Nous commençons à bien prendre nos marques. J'ai démarré par un exercice de style, histoire de me remettre en selle, le "allover" dont la traduction française pourrait être le "toutpartout", à la façon dentelle d'une dentelle sur le thème du codex mésoaméricain (Maya, Aztèque ou Toltèque) dont le foisonnement ne peut être qu'inspirant.

Si j'ai le courage et le temps, j'aimerai bien essayer un allover par continent ou plutôt par civilisation. Le allover est le fruit de la patience dont je dispose peu habituellement). J'en fais un peu chaque jour et puis au bout d'un certain temps, comme ce fut le cas aujourd'hui, tan tan la planche entière !

Codex du Delta_BD

 

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03 septembre 2014

MON SITE D'ILLUSTRATRICE

Avant, j'avais moins de quarante ans, je n'avais pas d'enfants et j'avais plein de temps.
Avant, j'avais les cheveux longs et j'habitais de l'autre côté du 18ème.
Avant, j'avais un site internet.

Et puis, tout a changé et je n'ai plus eu de site internet parce que moi aussi j'avais changé. Ce site ne correspondait plus à ce que je voulais présenter de moi-même à l'extérieur. Alors j'ai eu un blog et j'aime bien avoir un blog parce que ça me permet de rester en lien et de ne pas avoir une forme figée.

Seulement, il y a des obligations professionnelles et un illustrateur se doit d'avoir un book en ligne. Alors, depuis 2-3 ans, je réfléchis à la manière donc je veux faire les choses, ce que je veux montrer. J'ai bien essayé de construire un site entre temps qui est resté insatisfaisant car il montrait trop de choses que j'avais faites et surtout, il montrait des choses que j'avais faites avant.
http://bourguignonseverine.wix.com/severinebourguignon 

Alors, j'ai continué à réflechir et cette fois surtout, j'ai réfléchi à ce que moi je voulais vraiment faire après. Je voulais que ce soit sobre, simple. Je voulais que mon style soit clair du premier coup d'oeil. Alors, j'ai travaillé pour faire sortir ce style de demain.

Grâce à mes illustrations pour le journal LE 18E DU MOIS, j'ai pu développer un dessin noir et blanc très graphique. D'un autre côté, j'ai travaillé avec mon "dedans", mon imaginaire profond et poétique en utilisant des crayons de couleurs. Des techniques abordables, ça aussi ça me ressemble !

Dans ce nouveau site, il manque encore la partie "photomontage" mais l'essentiel est là. Les configurations actuelles de "sites à faire soi-même" sont très souples et je ferai évoluer le contenu progressivement en fonction des retours et des nouveaux travaux. 

EAT ME ! http://ogresse-de-burgundy.ultra-book.com/

Ecureuil

L'écureuil - Animal totem

 

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02 septembre 2014

VÉGÉTALISATION

C'est le théme que j'ai illustré ce mois-ci pour LE 18E DU MOIS.
Retrouvez articles et illustrations sur http://18dumois.info/spip/

SBourguignon vegetal 1

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28 août 2014

ATELIER DU PETIT COUTURIER

J'ai appris à coudre avec ma grand-mère maternelle. Je me souviens que, la voyant coudre, raccomoder et broder, je l'ai sollicitée pour apprendre. J'ai appris si jeune et si progressivement à passer le fil dans le chas, à piquer le tissu, à défaire mes noeuds involontaires que je ne me souviens pas vraiment d'avoir fourni un quelconque effort pour apprendre à coudre.  C'était simple, ce n'était pas contraingnant. Je garde  une impression de facilité, comme si c'était venu comme ça, comme un don.

Et pourtant ce n'est pas le cas. Je me revois encore, aux heures chaudes de l'été, appuyé sur la toile cirée du salon, la langue sortie, en train d'essayer de me sortir d'un sac de noeuds ou de pester parce que pour la énième fois, j'avais oublié de retourner mon tissu et emballé le tissu avec mon fil. C'est la précocité de l'apprentissage et les petits essais répétés qui m'ont permis d'apprendre avec plaisir à dompter le fil.

Je vous raconte tout ça parce que mes enfants réclament de "savoir coudre" et en les entendant hier, rêver à tous les vestons et les lettres de velours qu'ils feraient lorsque Maman leur aurait appris à coudre, j'ai mis mon cerveau de pédagogue et de couturière en action pour savoir quel était le meilleur exercice à leur proposer pour démarrer. Je me suis alors rappelée le conseil de ma belle-mère, ancienne institutrice de métier, qui m'avait conseillé de coudre des boutons. Apprend-t-on à coudre à l'école? Dans cette ére numérique, je crois plus que jamais au mérite et à la satisfaction du savoir-faire manuel.

J'ai mis une petite activité en place. Il vous faut :
1 fil de coton épais ou du fil à plusieurs brins d'une longeur de 30cm environ /
1 grosse aiguille à broder avec un large chas / 2 gros boutons à 4 trous / 1
paire de ciseau /
1 petit bout de tissu uni clair

couture 1

L'activité doit être rapide (10 minutes maxi). La couture du premier bouton sert à montrer. Le second bouton selon l'âge, la capacité de concentration ou l'envie de l'enfant servira à essayer de refaire l'exercice seul. Si l'enfant n'a pas envie de le faire le jour même, le second bouton peut être proposé pour une petite activité le lendemain qui ancrera les gestes.

- 1ère étape : enfiler le fil dans le chas
- 2ème étape : faire un petit noeud avec le fil au niveau du chas. Ce noeud ne gêne pas la couture et évite le découragement d'un fil qui s'échappe ou glisse sans cesse. - 3ème étape : Pour faire le noeud au bout du fil, enrouler le fil (sans trop serrer) autour de la 1ère phalange de votre index puis rouler ces tours de fil en les frottant entre le pouce et l'index dans un mouvement vers le haut de l'index. Une fois que le fil entortillé sur lui-même est sorti du doigt, pincer le fil au dessus de l'entortillement et faites glisser le doigt en entrainant le fil vers le bas. Le fil se resserre et s'emmêle pour faire un noeud (noeud grossier mais simple et efficace).
- 4ème étape : Avec un stylo, marquer les 4 trous du bouton sur l'avant et l'arrière du tissu pour indiquer l'endroit où piquer.
- 5ème étape : maintenant que la préparation est terminée, enfiler l'aiguille dans le tissu en piquant sur l'un des points de stylo. Puis bien tirer le fil jusqu'au bout afin que le noeud arrêter le fil. Enfiler le bouton dans l'aiguille et le fil. Le travail de couture a proprement parler peut commencer.
- 6ème étape : faites 3 passages de fil par trous. Demander à l'enfant de toujours bien tirer le fil jusqu'au bout.
- 7ème étape : pour le noeud final, piquer l'aiguille dans le tissu et enrouler le fil autour autour de l'aiguille. Tirer et répéter encore une fois cette opération.

Ayé, le bouton est cousu !

couture 2

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13 août 2014

BELLE VITRINE

Youpi ! Après la mezzanine posée en juin, la nouvelle vitrine est arrivée hier des Flandres. Elle vient de Bailleul dans le Ch'nord. 

Reste l'électricité, le WC et point d'eau et l'aménagement intérieur.
Que d'énergie déployée! Même pour une petite surface, les dépenses et les travaux sont importants. 

Je croise les doigts pour y faire ma rentrée courant septembre avec la sculptrice Sophie Susplugas.

avant après

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05 août 2014

LES PLASTICIENS EN QUÊTE DE STATUT

Cet été, vous avez entendu parler des intermittents et de leurs revendications. Ce que les intermittents ne disent pas, c'est que tous les artistes ne bénéficient pas de leurs avantages. Les auteurs, les plasticiens, les graphistes, les illustrateurs, les photographes ont le même statut que les travailleurs libéraux à ceci près que leurs "prélèvements sociaux" avoisinent les 16% au lieu de 25%. AGESSA ou Maison Des Artistes n'est pas un statut, c'est un régime de cotisations sociales permettant de bénéficier de l'assurance maladie. Pas d'assurance chômage pour les artistes, les artisans, les entrepreneurs, les journalistes. 

En juillet, Le Monde a enfin publié un papier pour parler du statut des autres artistes, ceux qui ne sont pas intermittents. Cet article m'a parlé du début à la fin. Toute seule dans mon coin, lorsque je me plainds contre les injustices ou les difficultés que je rencontre, j'ai parfois l'impression d'exagérer ou d'être une râleuse mais en lisant l'article ci-dessous, je me rends compte que je suis représentative des artistes non-intermittents. 

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LES PLASTICIENS EN QUÊTE DE STATUT

LE MONDE | 25.07.2014 | Par Emmanuelle Lequeux

« Tu vois Atlas, celui qui porte le monde ? Eh bien Atlas, c'est nous, les plasticiens, qui portons un monde de galeries, musées, centres d'art, critiques, régisseurs, gardiens… Sauf qu'Atlas est au RSA ! » Cri du cœur lancé par un jeune sculpteur, au moment où les intermittents du spectacle ont commencé à entrer en scène au printemps.

Depuis quelques mois monte une colère rarement exprimée. A la mi-juillet, un groupe Facebook de 650 plasticiens s'est constitué pour la cristalliser, autour de l'idée d'« une économie solidaire de l'art ». Lutte des classes au sein des précaires de la culture ? Le but n'est pas de condamner le régime des comparses du spectacle vivant mais de tenter d'améliorer le système.

COMBIEN DE MILLIERS DE CRÈVE-LA-FAIM

Et de rappeler comment eux, peintres, dessinateurs, vidéastes, vivent. Survivent, plutôt. Pour un millionnaire dont les ventes font la « une » des journaux, combien de milliers de crève-la-faim, dépendants d'un marché ultra-sélectif ?

On le sait peu, mais les plasticiens sont loin d'être aussi bien lotis que les intermittents. De statut, ils n'en ont point. Pour Pôle emploi, ils n'existent pas : travailleurs indépendants, ils ont pour seule recette la vente de leurs oeuvres. Le droit à la formation ? Il demeure très balbutiant. Pas d'accident du travail non plus. Les charges sociales ? Certes, le taux en est avantageux : 15 %. Mais il ne saurait faire oublier la terrible fragilité économique du secteur.

Impossible d'en dresser un tableau fiable, aucune statistique récente n'existe sur le sujet. Quelques chiffres cependant : plus de la moitié des plasticiens vivraient sous le seuil de pauvreté, selon le Comité des artistes-auteurs plasticiens (CAAP), une des principales organisations professionnelles. Leur revenu médian ? Deux fois plus faible que celui des salariés, selon la même source. Sur les 52 221 cotisants à la Maison des artistes (MDA, qui gère leur protection sociale), 57 % déclarent moins de 8 379 euros de bénéfice annuel (en 2012), plancher qui déclenche l'ouverture des droits sociaux (Sécurité sociale, retraite, etc.). Soit 29 765 artistes qui ont pour obligation légale de cotiser, sans pour autant bénéficier d'aucune couverture.

PETITS BOULOTS PLUS OU MOINS ALIMENTAIRES

Régisseurs, techniciens, professeurs en école d'art : tous multiplient donc les petits boulots plus ou moins alimentaires. Et ont recours à mille systèmes D pour s'en sortir. « Je tire toutes mes photos sur mon imprimante et je les épingle sans frais de cadre, témoigne le photographe Franck Gérard, qui a transformé la contrainte économique en choix esthétique. Je réalise moi-même l'installation de mes expositions, trois jours à mettre des épingles, et un seul centre d'art m'a déjà payé pour cela. On ne reçoit jamais non plus d'argent pour le temps de la création, si ce n'est grâce à des résidences ou des aides au projet du ministère. Je fais des emprunts pour financer mes voyages, la vente d'oeuvres reste très marginale dans mon économie. Mais j'ai choisi, mon travail est mon combat. »

« Une culture de la gratuité règne en France », confirme un autre. En effet, quand un plasticien expose dans un centre d'art ou un musée, son commissaire est payé, tout comme le graphiste de son catalogue, le gardien ou la femme de ménage. Mais pas lui. Sous quel prétexte ? On lui offre une magnifique vitrine où promouvoir son travail. Souvent, l'institution lui alloue une somme destinée à la production d'œuvres qu'il pourra mettre sur le marché. Pas besoin, donc, de le rémunérer.

Quid de la plus-value qu'il confère à l'institution où il expose ? « L'artiste est en grande partie dépossédé de l'argent qui circule autour de lui, et de plus en plus on sélectionne dans les expositions les seuls capables de payer leur propre production, ce qui fait que bientôt seuls les riches occuperont les cimaises », assure P. Nicolas Ledoux, à l'initiative du groupe Facebook déjà cité.

« UN DESSIN EN REMERCIEMENT DE LEUR SOUTIEN »

« La peur de se griller avec un musée en réclamant simplement son dû engendre une omerta très courante », poursuit Katerine Louineau, membre actif du CAAP. « Il est rarissime que l'on nous propose des droits de monstration, confirme le jeune sculpteur Lionel Sabatté, qui commence à vivre de son travail après des années passées aux minima sociaux. Dans les budgets alloués, il reste rarement de l'argent pour se rémunérer. Mais on se débrouille : j'ai par exemple fédéré un groupe de collectionneurs pour monter ma dernière exposition, et je leur offre un dessin en remerciement de leur soutien financier. »

Depuis peu, la situation tend à s'améliorer. Même si l'on reste loin du modèle québécois, qui applique une grille tarifaire sur les expositions, « les centres d'art sont désormais très attentifs à offrir des honoraires aux artistes, à professionnaliser les contrats, assure Aude Cartier, directrice de la Maison des arts de Malakoff. C'est bien sûr symbolique, quelques centaines d'euros, mais fondamental pour les aider à trouver une légitimité ».

TRÈS FAIBLEMENT SYNDIQUÉS

Cependant, là où les petites structures tendent à l'irréprochable, les acteurs plus solides comme le Palais de Tokyo ou le Centre Pompidou continuent à renâcler. La fédération des professionnels de l'art contemporain, le Cipac, travaille à assainir la situation, mais les progrès sont lents. Idem dans les galeries, qu'aucun contrat ne lie souvent aux artistes qu'elles défendent, et qui mettent parfois des mois à reverser l'argent des ventes. Le Comité des galeries d'art assure lui aussi réfléchir à la sécurisation de cette relation.

Alors, la révolution, pour quand ? Pas demain. Très faiblement syndiqués, volontiers individualistes, les plasticiens ne savent se fédérer. Et ne sont pas du genre à se plaindre : « Ce côté débrouille enrichit aujourd'hui ce que je fais, et me permet plus de fluidité », assure ainsi Lionel Sabatté.

Reste à inventer. « On pourrait par exemple rémunérer en honoraires les mois de recherche, comme on paye les répétitions d'un danseur, ou nous reverser un pourcentage sur la billetterie, ou augmenter le droit de suite pour les artistes vivants en cas de vente aux enchères, pour monter une caisse mutuelle de retraite », imagine ainsi P. Nicolas Ledoux.

Il ajoute : « Il ne faut pas oublier tous ceux qui se coupent volontairement du marché. Les politiques ont une place à prendre pour protéger ceux qui font le choix de ne pas vivre de l'industrie du luxe et de l'économie libérale. Car la finalité de notre travail est de produire de la pensée, et cela aussi mérite salaire. »

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18 juillet 2014

MATRIOCHKA ESTIVALE

La 1ère quinzaine de juillet a été fraîche et humide sur Paris. Sans doute, la météo m'aura-t-elle insufflé cette illustration aux couleurs acidulées.

Bel été à tous!

matriochka_BD
Illustration Séverine Bourguignon

 

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10 juillet 2014

GILBERT GARCIN

Un autre coup de coeur pour un photographe cette fois : Gilbert Garcin ou Mister G.

C'est l'histoire d'un homme qui, à la retraite, pour ne pas s'ennuyer, commencer à faire de la photo ou plutôt du photomontage. C'est un univers qui ressemble à des phrases de sagesse taoïstes avec l'humour en plus. C'est beau, c'est facile d'accès et finalement c'est tellement évident qu'on a l'impression qu'il a toujours existé dans le paysage artistique alors qu'on pourrait dire qu'à 85 ans, c'est un tout jeune artiste.

Le titre du cliché est aussi important que l'image elle-même.
Prenez un petit temps pour aller réfléchir et rêver sur http://www.gilbert-garcin.com/

437-le-charme-de-l-au-dela
Le charme de l'au-dela

Les yeux dans les yeux
Les yeux dans les yeux

 

Le choix évident
Le choix évident

 

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07 juillet 2014

A LA UNE DE L'ETE

J'ai encore eu le plaisir de faire le dessin en une du journal du 18ème. C'était un dessin plus simple que le mois dernier mais efficace graphiquement. Pour le voir http://18dumois.info/spip/ Les titres n'étant pas encore faits au moment où j'ai reçu la commande, j'ai travaillé en ayant en tête qu'il s'agissait du thème : "succès d'entreprises implantées dans le 18ème arrondissement".

Alors, je me suis fait un petit brainstorming, toute seule. Comment ça marche ? Je cherche des idées visuelles, toutes les images que j'associe ou qui viennent m'envahir quand j'y pense. Je remue mes fiches intérieures et comme un magicien, je vois ce qui sort du chapeau. Ca me paraissait bien et riche de symboles : laurier-trophée-médaille -étoile - podium -auréole. Finalement, il faut faire des choix, tous ensemble ça ne marchait pas, j'ai gardé la médaille qui faisait un bel habillage de la page avec son ruban.

Et puis il y a eu aussi, dans les pages intérieures du journal, le sujet sur l'association ADAGE qui accompagne des femmes exclues en recherche d'emploi. Là, j'avais l'idée de trajectoire, de parcours semé d'embûches, de pas, de flêches, de sens giratoire et puis l'été autorise des petites libertés que j'ai saisi pour cette île. La quête d'emploi n'est-elle pas une quête au trésor moderne?

Adage _BD

 

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