Blog de Séverine Bourguignon

13 août 2014

BELLE VITRINE

Youpi ! Après la mezzanine posée en juin, la nouvelle vitrine est arrivée hier des Flandres. Elle vient de Bailleul dans le Ch'nord. 

Reste l'électricité, le WC et point d'eau et l'aménagement intérieur.
Que d'énergie déployée! Même pour une petite surface, les dépenses et les travaux sont importants. 

Je croise les doigts pour y faire ma rentrée courant septembre avec la sculptrice Sophie Susplugas.

avant après

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05 août 2014

LES PLASTICIENS EN QUÊTE DE STATUT

Cet été, vous avez entendu parler des intermittents et de leurs revendications. Ce que les intermittents ne disent pas, c'est que tous les artistes ne bénéficient pas de leurs avantages. Les auteurs, les plasticiens, les graphistes, les illustrateurs, les photographes ont le même statut que les travailleurs libéraux à ceci près que leurs "prélèvements sociaux" avoisinent les 16% au lieu de 25%. AGESSA ou Maison Des Artistes n'est pas un statut, c'est un régime de cotisations sociales permettant de bénéficier de l'assurance maladie. Pas d'assurance chômage pour les artistes, les artisans, les entrepreneurs, les journalistes. 

En juillet, Le Monde a enfin publié un papier pour parler du statut des autres artistes, ceux qui ne sont pas intermittents. Cet article m'a parlé du début à la fin. Toute seule dans mon coin, lorsque je me plainds contre les injustices ou les difficultés que je rencontre, j'ai parfois l'impression d'exagérer ou d'être une râleuse mais en lisant l'article ci-dessous, je me rends compte que je suis représentative des artistes non-intermittents. 

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LES PLASTICIENS EN QUÊTE DE STATUT

LE MONDE | 25.07.2014 | Par Emmanuelle Lequeux

« Tu vois Atlas, celui qui porte le monde ? Eh bien Atlas, c'est nous, les plasticiens, qui portons un monde de galeries, musées, centres d'art, critiques, régisseurs, gardiens… Sauf qu'Atlas est au RSA ! » Cri du cœur lancé par un jeune sculpteur, au moment où les intermittents du spectacle ont commencé à entrer en scène au printemps.

Depuis quelques mois monte une colère rarement exprimée. A la mi-juillet, un groupe Facebook de 650 plasticiens s'est constitué pour la cristalliser, autour de l'idée d'« une économie solidaire de l'art ». Lutte des classes au sein des précaires de la culture ? Le but n'est pas de condamner le régime des comparses du spectacle vivant mais de tenter d'améliorer le système.

COMBIEN DE MILLIERS DE CRÈVE-LA-FAIM

Et de rappeler comment eux, peintres, dessinateurs, vidéastes, vivent. Survivent, plutôt. Pour un millionnaire dont les ventes font la « une » des journaux, combien de milliers de crève-la-faim, dépendants d'un marché ultra-sélectif ?

On le sait peu, mais les plasticiens sont loin d'être aussi bien lotis que les intermittents. De statut, ils n'en ont point. Pour Pôle emploi, ils n'existent pas : travailleurs indépendants, ils ont pour seule recette la vente de leurs oeuvres. Le droit à la formation ? Il demeure très balbutiant. Pas d'accident du travail non plus. Les charges sociales ? Certes, le taux en est avantageux : 15 %. Mais il ne saurait faire oublier la terrible fragilité économique du secteur.

Impossible d'en dresser un tableau fiable, aucune statistique récente n'existe sur le sujet. Quelques chiffres cependant : plus de la moitié des plasticiens vivraient sous le seuil de pauvreté, selon le Comité des artistes-auteurs plasticiens (CAAP), une des principales organisations professionnelles. Leur revenu médian ? Deux fois plus faible que celui des salariés, selon la même source. Sur les 52 221 cotisants à la Maison des artistes (MDA, qui gère leur protection sociale), 57 % déclarent moins de 8 379 euros de bénéfice annuel (en 2012), plancher qui déclenche l'ouverture des droits sociaux (Sécurité sociale, retraite, etc.). Soit 29 765 artistes qui ont pour obligation légale de cotiser, sans pour autant bénéficier d'aucune couverture.

PETITS BOULOTS PLUS OU MOINS ALIMENTAIRES

Régisseurs, techniciens, professeurs en école d'art : tous multiplient donc les petits boulots plus ou moins alimentaires. Et ont recours à mille systèmes D pour s'en sortir. « Je tire toutes mes photos sur mon imprimante et je les épingle sans frais de cadre, témoigne le photographe Franck Gérard, qui a transformé la contrainte économique en choix esthétique. Je réalise moi-même l'installation de mes expositions, trois jours à mettre des épingles, et un seul centre d'art m'a déjà payé pour cela. On ne reçoit jamais non plus d'argent pour le temps de la création, si ce n'est grâce à des résidences ou des aides au projet du ministère. Je fais des emprunts pour financer mes voyages, la vente d'oeuvres reste très marginale dans mon économie. Mais j'ai choisi, mon travail est mon combat. »

« Une culture de la gratuité règne en France », confirme un autre. En effet, quand un plasticien expose dans un centre d'art ou un musée, son commissaire est payé, tout comme le graphiste de son catalogue, le gardien ou la femme de ménage. Mais pas lui. Sous quel prétexte ? On lui offre une magnifique vitrine où promouvoir son travail. Souvent, l'institution lui alloue une somme destinée à la production d'œuvres qu'il pourra mettre sur le marché. Pas besoin, donc, de le rémunérer.

Quid de la plus-value qu'il confère à l'institution où il expose ? « L'artiste est en grande partie dépossédé de l'argent qui circule autour de lui, et de plus en plus on sélectionne dans les expositions les seuls capables de payer leur propre production, ce qui fait que bientôt seuls les riches occuperont les cimaises », assure P. Nicolas Ledoux, à l'initiative du groupe Facebook déjà cité.

« UN DESSIN EN REMERCIEMENT DE LEUR SOUTIEN »

« La peur de se griller avec un musée en réclamant simplement son dû engendre une omerta très courante », poursuit Katerine Louineau, membre actif du CAAP. « Il est rarissime que l'on nous propose des droits de monstration, confirme le jeune sculpteur Lionel Sabatté, qui commence à vivre de son travail après des années passées aux minima sociaux. Dans les budgets alloués, il reste rarement de l'argent pour se rémunérer. Mais on se débrouille : j'ai par exemple fédéré un groupe de collectionneurs pour monter ma dernière exposition, et je leur offre un dessin en remerciement de leur soutien financier. »

Depuis peu, la situation tend à s'améliorer. Même si l'on reste loin du modèle québécois, qui applique une grille tarifaire sur les expositions, « les centres d'art sont désormais très attentifs à offrir des honoraires aux artistes, à professionnaliser les contrats, assure Aude Cartier, directrice de la Maison des arts de Malakoff. C'est bien sûr symbolique, quelques centaines d'euros, mais fondamental pour les aider à trouver une légitimité ».

TRÈS FAIBLEMENT SYNDIQUÉS

Cependant, là où les petites structures tendent à l'irréprochable, les acteurs plus solides comme le Palais de Tokyo ou le Centre Pompidou continuent à renâcler. La fédération des professionnels de l'art contemporain, le Cipac, travaille à assainir la situation, mais les progrès sont lents. Idem dans les galeries, qu'aucun contrat ne lie souvent aux artistes qu'elles défendent, et qui mettent parfois des mois à reverser l'argent des ventes. Le Comité des galeries d'art assure lui aussi réfléchir à la sécurisation de cette relation.

Alors, la révolution, pour quand ? Pas demain. Très faiblement syndiqués, volontiers individualistes, les plasticiens ne savent se fédérer. Et ne sont pas du genre à se plaindre : « Ce côté débrouille enrichit aujourd'hui ce que je fais, et me permet plus de fluidité », assure ainsi Lionel Sabatté.

Reste à inventer. « On pourrait par exemple rémunérer en honoraires les mois de recherche, comme on paye les répétitions d'un danseur, ou nous reverser un pourcentage sur la billetterie, ou augmenter le droit de suite pour les artistes vivants en cas de vente aux enchères, pour monter une caisse mutuelle de retraite », imagine ainsi P. Nicolas Ledoux.

Il ajoute : « Il ne faut pas oublier tous ceux qui se coupent volontairement du marché. Les politiques ont une place à prendre pour protéger ceux qui font le choix de ne pas vivre de l'industrie du luxe et de l'économie libérale. Car la finalité de notre travail est de produire de la pensée, et cela aussi mérite salaire. »

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18 juillet 2014

MATRIOCHKA ESTIVALE

La 1ère quinzaine de juillet a été fraîche et humide sur Paris. Sans doute, la météo m'aura-t-elle insufflé cette illustration aux couleurs acidulées.

Bel été à tous!

matriochka_BD
Illustration Séverine Bourguignon

 

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10 juillet 2014

GILBERT GARCIN

Un autre coup de coeur pour un photographe cette fois : Gilbert Garcin ou Mister G.

C'est l'histoire d'un homme qui, à la retraite, pour ne pas s'ennuyer, commencer à faire de la photo ou plutôt du photomontage. C'est un univers qui ressemble à des phrases de sagesse taoïstes avec l'humour en plus. C'est beau, c'est facile d'accès et finalement c'est tellement évident qu'on a l'impression qu'il a toujours existé dans le paysage artistique alors qu'on pourrait dire qu'à 85 ans, c'est un tout jeune artiste.

Le titre du cliché est aussi important que l'image elle-même.
Prenez un petit temps pour aller réfléchir et rêver sur http://www.gilbert-garcin.com/

437-le-charme-de-l-au-dela
Le charme de l'au-dela

Les yeux dans les yeux
Les yeux dans les yeux

 

Le choix évident
Le choix évident

 

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07 juillet 2014

A LA UNE DE L'ETE

J'ai encore eu le plaisir de faire le dessin en une du journal du 18ème. C'était un dessin plus simple que le mois dernier mais efficace graphiquement. Pour le voir http://18dumois.info/spip/ Les titres n'étant pas encore faits au moment où j'ai reçu la commande, j'ai travaillé en ayant en tête qu'il s'agissait du thème : "succès d'entreprises implantées dans le 18ème arrondissement".

Alors, je me suis fait un petit brainstorming, toute seule. Comment ça marche ? Je cherche des idées visuelles, toutes les images que j'associe ou qui viennent m'envahir quand j'y pense. Je remue mes fiches intérieures et comme un magicien, je vois ce qui sort du chapeau. Ca me paraissait bien et riche de symboles : laurier-trophée-médaille -étoile - podium -auréole. Finalement, il faut faire des choix, tous ensemble ça ne marchait pas, j'ai gardé la médaille qui faisait un bel habillage de la page avec son ruban.

Et puis il y a eu aussi, dans les pages intérieures du journal, le sujet sur l'association ADAGE qui accompagne des femmes exclues en recherche d'emploi. Là, j'avais l'idée de trajectoire, de parcours semé d'embûches, de pas, de flêches, de sens giratoire et puis l'été autorise des petites libertés que j'ai saisi pour cette île. La quête d'emploi n'est-elle pas une quête au trésor moderne?

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30 juin 2014

EDWARD GOREY

J'ai récemment fait la découverte de cet auteur illustrateur américain. Un mélange entre Edgar Allan Poe, Tim Burton et Lewis Caroll. C'est un coup de coeur que j'avais envie de partager avec une mention spéciale pour "Les enfants fichus" en cours de réédition en français, un abécédaire d'abracabrantes de morts d'enfants.

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De l'humour noir que les enfants comprennent aisément puisque leurs parents ne cessent de les menacer des pires tragédies s'ils ne traversent pas la route en donnant la main, s'ils se baignent sans attendre 3 heures après le repas, si un courant d'air passe pendant qu'ils font une grimace...

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Edward Gorey est décédé en 2000. Redécouvrez sa bibliographie et sa patte irrésistible! Je propose aux moins superstitieux et au plus créatifs d'entre vous de jouer le jeu et de créér la mort infantile convenant à leur prénom.

S pour Séverine étranglée dans son berceau par un serpent.
S is for Severine who died strangled by a snake.

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27 juin 2014

A L'ECHELLE

Rue Richomme, dans le 18ème arrondissement de Paris, une étrange rose a poussé. Un petit sous titre, si, si, tout en bas au niveau du trottoir dit "All you need is love and a riot". Ca égaie la rue d'une image dérangeante, différente de la noyade publicitaire, auréolée de ce vert film d'horreur, courronnée de ces pédoncules matraques. C'est un acte militant que de venir apposer ces messages géants sur les murs. Qui a osé perdre de son temps, qui a risqué une amende ? Aujourd'hui les street artistes encollent les murs car les bomber a coûté à beaucoup d'entre eux, le prix de leur expression était trop cher à payer, il a bien failli les faire taire. 

Au début, ce que je voulais c'était faire remarquer qu'il est important d'avoir un personnage à côté de ce type d'oeuvre pour bien se représenter l'échelle. Sans rapport de taille, notre imagination fait sa propre échelle qui peut être erronée. L'échelle est d'autant plus importante ici que la rose est géante. 3 mètres environ. L'artiste a du passer un certain temps à assembler des papiers A4 pour créer sa pièce de papier d'un seul tenant et il lui a fallu encore du temps pour la coller sur ce mur.

Avez-vous déjà posé un pan de papier peint? On peut vite se retrouver avec l'impression d'avoir des moufles à la place des mains. Je salue donc cette magnifique prestation artistique car j'ai bien conscience du travail et de l'effort qu'elle dissimule au coeur de ses pétales.

Rose rue Richomme_BD

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25 juin 2014

PRENDRE LE TEMPS

Dans le stage de Pop Up auquel j'ai participé la semaine dernière, il y avait un poisson à faire (voir article précédent) mais aussi un projet A4 avec thème libre. Le fait que ce thème soit libre n'a pas facilité la tâche des participants car nous étions en difficulté à cause de l'apprentissage de la technique et nous n'avions pas l'espace intérieur nécessaire pour nous interroger sur ce qui nous plaisait vraiment d'exprimer. J'étais stressée, pressée et j'ai choisi ce qui était présent : le temps.

En pop up, les 4 bases de pliage sont :
- tente
- table
- V horizontal simple
- V horizontal inversé

Dans ce projet, j'ai surtout travaillé le V horizontal et aussi le système de roulettes pour faire bouger mes aiguilles.

Severine Bourguignon_BD

 

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23 juin 2014

POP UP PIRANHA

Ceux qui suivent assidument le blog auront déjà entendu parler du pop up, de livres animés, de la boutique du livre animé
http://boutiquedulivreanime.blogspot.fr/ Les livres pop up vous les connaissez tous, ce sont les livres qui s'ouvrent en formant des volumes (forêt, robot, bêtes), avec des roulettes et des tirettes. J'adore, je trouve que c'est à la fois magique et passionnant.

Sculpter le papier, c'est une idée qui me plaît! Tellement d'ailleurs que je suis allée m'initier une semaine au pop up avec Michel Terrier et Philippe UG (la star du pop up français) à l'institut du pop up dans le 11ème. 

Les bases techniques rudimentaires données, on nous a demandé de faire un poisson et voilà qu'est né mon pop-piranha.

pop up piranha_BD

 

 

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11 juin 2014

DANS LE VENTRE DE LA BALEINE

Ce week-end, je suis partie profiter de la mer en famille et entre amis. Il y avait de nombreux enfants dont l'ainé avait 6 ans et à un moment donné du séjour, j'ai sorti mes pastels gras pour occuper la marmaille. L'activité a beaucoup plu, même aux plus grands qui redécouvraient le fondant du pastel gras et ses couleurs éclatantes. Je crois que le pastel gras est vu comme un outil de dessin pour les petits et qu'après le passage au CP, il est mis au fond du tiroir où il se déssèche lentement.

En guise de carte postale, je vous livre ce qui a été jeté sur le papier par ma main hydratée d'embruns atlantiques.

Vaux sur mer 1_BD

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