Blog de Séverine Bourguignon

23 juin 2017

WILD SIDE !

Exposition collective sur le thème WILD SIDE ! à l'Atelier du M, 12 rue Duhesme dans le 18e à Paris. Vernissage le vendredi 1er juillet à partir de 18h et tout le mois de juillet sur rendez-vous.

Une vingtaine de créateurs exposeront dans l'atelier-galerie d'Aline Bureau. J'en suis et j'ai hâte de découvrir l'interprétation qu'auront fait les autres participants du sujet "Wild Side". 

VERNISSAGE_ATELIER_DU_M

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30 mai 2017

NORVEGE

En 2005, à l'occasion d'une exposition au Centre Culturel Français d'Oslo, j'ai passé un mois en Norvège. J'ai trouvé ce pays magnifique et quand mon éditeur Grandir m'a proposé d'illustré un ouvrage documentaire jeunesse, j'ai tout de suite accepté pour le plaisir de replonger dans l'atmosphère et les souvenirs liés à ce pays.

Contrairement aux trois albums précédents (Djibouti, Indonésie, Bolivie), celui-ci est vraiment axé sur la géographie, plus informatif et moins narratif. Il ressemble à un carnet de voyage riche en textes autant qu'en images. C'est un exercice de style et cette apparente simplicité cache la recherche et la structure donné à l'ouvrage par la conjugaison du travail de l'auteur de l'éditeur et de l'illustrateur.

Il s'agit de produire des images qui vont enrichir le texte, faciliter ou accompagner la lecture car on parle aussi d'histoire, d'économie en plus de la culture. Dans le documentaire, il y a une notion d'utile et de beau à la fois. C'est un travail spécifique que tout le monde n'aime pas faire. Il est plus contraint, demande une grande rigueur et il est moins reconnu que la création de fiction. 

La phase de recherche, d'imprégnation mentale et rétinienne est terminée pour moi et je progresse désormais à un rythme régulier sur la production de visuels. Il me faut donner du rythme à l'ouvrage, donc un mélange de dessins, d'aquarelles, de cartes.

Ci-dessous le Sverd i fjell, le rocher aux épées, près de Stavanger. Je cherchais un point d'entrée pour parler des Vikings dans l'histoire Norvègienne. Il se trouve que ce monument crée en 1983 par Fritz Roed rend hommage à la bataille navale de Hafrsfojord qui a eu lieu en 872 et a permis l'unification des royaumes de Norvège en un seul pays. 

Encore une dernière chose, sur les images, c'est souvent très important d'avoir une idée de l'échelle et sur celle-ci particulièrement car les sculptures sont absolument monumentales.

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Hafrsfjord la plage des 3 epees_BD

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22 mai 2017

LE MONSTRE EN MOUVEMENT

LE MONSTRE EN MOUVEMENT, c'est le nom du projet que j'ai mené cette année avec deux classes de 6ème du collège Charles Péguy à Paris en partenariat avec Le Louvre. Le monstre en mouvement est la contraction des deux thèmes de travail du Louvre pour cette année 2016-2017 qui étaient "Le corps en mouvement" et "le monstre à la limite de l'humain".

Ce projet monté en juin dernier avec Michel Assedo, enseignant de français, a demarré en février par une séance de contes (voir blog). Nous avons été rejoint dans le projet par Emmanuelle Diarra, enseignante d'EPS, qui a créée les danses des monstres et par Laurent Audinet, AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) et photographe. 

Les élèves ont eu à créer un monstre, un adversaire, un environnement pour ces deux personnages. Les monstres se sont appelés le mystérieux hybride, Alien Isolator, Panthitaigle, Eupholia, Deboratrice, le Crasseur, l'homme-merguez, Layonn, Tzigourat...

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Les monstres Poilus Volus et Maféme

Les élèves ont eu à imaginer les traces que ce monstre pourrait laisser en trainant sa proie ou sa carcasse blessée. Le 12 mai, nous avons réalisé deux fresques (une par classe) de 1 m de large sur 10 mètres de long avec les traces de leurs monstres. Un moment de joie pure sous le préau du collège.

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Chaque élèves a écrit le récit de la rencontre houleuse entre les adversaires qu'ils avaient fait se rencontrer avec la contrainte de restituer le combat comme une danse. Ils ont été accompagnés pour dire ces contes à l'oral par les conteuses Frida Morrone et Marie Dumont. 

Et ce samedi 20 mai, nous étions au Louvre lors de la Nuit des Musée pour une restitution des travaux. C'était magique et transgressif d'amener le travail plastique, les danses, la musique et les récits des élèves dans ce lieu mythique ! Ce qui m'a touchée, au délà de la grande cohérence de ce travail, ce sont les liens qui se sont noués entre les élèves qui ont souvent été amenés à travailler en sous-groupes sans que ces groupes soient formés par affinités personnelles.

Nous étions très nombreux car les parents aussi sont venus assister à cette représentation quasi-improvisée.
Merci à mes partenaires et merci au Louvre de nous permettre ces projets et ces expériences artistique, culturelles et humaines.

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03 mai 2017

LA FILLE DE PANOPTÉS OU FAIRE UNE FIXATION

Il y a une semaine, je vous avais dévoilà l'Argos Panoptès que j'avais fait pendant les vacances de Pâques.

Je dois bien avouer que contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est pas si simple de trouver des pupilles suffisamment grosses à découper dans les magazines. J'ai donc eu une phase de collecte pour pouvoir satistfaire mon envie de poursuivre avec une multitude de grands yeux et d'illustrer l'expression "faire une fixation".

Je vous présente donc la fille du géant qui voit tout avec sa jupe couleur de ciel, finalisée ce matin.

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02 mai 2017

FABIENNE VERDIER

J'ai découvert Fabienne Verdier sans doute au moment où je me suis mise à faire du tai chi. Son on livre "Passagère du silence" devait circuler parmi les adeptes. Je n'ai jamais pu oublier son histoire, celle du jeune femme qui part en Chine et qui va y rester dix ans pour apprendre l'art de la calligraphie avec des maîtres qui ne lui font aucune concession. 

J'avais adoré sa personnalité, sa persévérance, son endurance, sa détermination et sa simplicité.

Et puis un jour, j'ai eu envie de savoir ce qu'elle était devenue et internet m'a considérablement facilité la tâche. J'ai aussi pu la voir sur Arte dans un documentaire intitulé "Peindre l'instant" dans lequel on la voit à l'oeuvre avec d'immenses pinceaux tractés par d'ingénieux systèmes coulissants au plafond.

Elle est, au même titre qu'Annette Messager ou que Sophie Calle, une artiste française vivante d'exception.

Aujourd'hui, en référence dans un mail que j'écrivais, je l'ai cherché et Ô merveille, elle a un site http://fabienneverdier.com/
Il y a plusieurs petites vidéos qui montre son travail et qui la montre au travail. Superbe !

Vous pouvez aussi écouter une émission radiophonique d'elle https://www.youtube.com/watch?v=S85frokMlrc

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Fabienne Verdier - Série PNEUMA

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28 avril 2017

PANOPTES, CELUI QUI VOIT TOUT

Quand j'ai un petit moment, je m'offre une ré-création et je me fais un petit dessin-collage. Celui-ci date des vacances de Pâques.

Argos est un géant pourvu de centaines d'yeux. Héra décide de lui confier Io transformée en génisse pour l'éloigner de Zeus. Zeus envoie Hermès qui endort le géant en jouant de la flûte divine et le tue. Héra récompense la fidélité du géant en disposant ses yeux sur la queue de son animal favori, le paon. 

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25 avril 2017

L'ART : A QUOI CA SERT ?

Certains le savent déjà, je me forme pour devenir psychothérapeute et plus particulièrement Gestalt-thérapeute. J'ai passé 3 jours la semaine dernière à Champ-G, institut de Gestalt-thérapie de Roubaix, sur les racines de la Gestalt-thérapie qui n'est pas du développement personnel ni de l'art-thérapie mais un accompagnement global et en profondeur de la personne. Pourquoi connait-on si peu la Gestalt-thérapie en France, je me pose la question ? Ce que je sais c'est que la Gestalt-thérapie est la thérapie de la relation, du mouvement, qu'elle prend l'être dans sa globalité (corps, esprit) et qu'elle ne cherche pas à interpréter.

Pendant ces 3 jours, mon groupe a creusé vers les racines de la Gestalt-thérapie dont les fondements sont la Gestalt-théorie (ou Gestalt-psychologie), la psychanalyse (procédé d'investigation psychologique), la phénoménologie (étude des vécus de conscience) et l'existentialisme (courant philosophie de pensée).

C'est Isabelle d'Anjou qui a été notre formatrice. Pour l'entrée en matière sur l'existentialisme, elle nous a donné à lire un poème d'Antonio Machado et nous a demandé de prendre le temps de sentir ce que le poème suscitait en nous et quelles questions existentielles il soulevait. Vous pouvez aussi prendre ce temps. 

Marcheur, il n'y a que tes pas, 
Pour faire le chemin où tu vas, 
Marcheur, il n'est pas de chemin, 
Que celui que tes pas vont faire. 
Et quand tes pas font le chemin, 
Jamais plus tu n'emprunteras 
Le sillon qui déjà s'efface, 
Lorsque tu regardes en arrière 
Marcheur, il n'est pas de chemin, 
Mais des sillages sur la mer.

La première personne qui a pris la parole a fait d'un trait une magnifique synthèse des 4 grandes contraintes de l'existence :

- Liberté (et responsabilité)
- Solitude
- Finitude
- A quoi bon? (quête de sens).

Un Gestalt-thérapeute, Noël Salaté, y a rajouté l'imperfection (je ne suis pas parfait, les autres non plus et je ne peux pas tout faire).

J'ai fait ce parcours de lecture sensible et j'ai pu percevoir des résonances. Le "jamais tu n'emprunteras" m'est insupportable car j'ai trop entendu les "impossibles" dans mon enfance, dans ma vie d'étudiante, dans ma vie de salariée ou même de femme. Il y a des contraintes, je suis réaliste, mais il y a tellement de possibles. Et ce JAMAIS réveille en moi l'envie du combat, l'envie de dire à quel point rien n'est jamais perdu. 

Le groupe a partagé sur les retentissements du poème et les thèmes qui ont été abordés sont ceux des angoisses qui nous agitent le sommeil, qui nous torturent le corps, qui nous saisissent dès que le rythme quotidien vient à s'apaiser : vivre, mourir, choisir. Quand tout s'efface et qu'il ne reste plus rien, pourquoi poursuivre, pour qui peut-être? L'ambiance philosophique existentielle n'est pas gaie gaie, elle pèse dans les souliers du marcheur.

Pour ma part, sur le questionnement intérieur soulevé par le poème, j'ai très vite eu envie de vérifier ce que je comprenais en passant par mon langage : le visuel. J'ai donc pris les quelques feutres disponibles et j'ai laissé venir. J'ai commencé par un trait rose qui s'est prolongé par d'autres traits et d'autres couleurs. Une émotion est montée lorsqu'à la fin, la mer a progressivement recouvert les traits du chemin. Mais presque aussitôt...l'espoir.

Tout semble s'effacer mais à bien y regarder, il reste sous l'eau les vestiges, la trame de mon tracé. Soudain, j'ai compris et fait le lien avec les thèmes de mémoire et de traces qui sont si chers aux artistes. Il est en notre pouvoir de garder des choses actives (moments, Histoire, pensées), de laisser des marques de notre passage ou d'en faire ressurgir, de les faire remonter en surface, de les rendre visible. L'art est un moyen de le faire. Un moyen de témoigner de notre passage en tant qu'être humain et de notre expérience au fil des millénaires. C'est en tout cas un sens que peut avoir l'art et en tant qu'artiste, c'est en grande partie ainsi que je trouve du sens à ma vie. 

Mémoire et traces existentialistes_BD

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30 mars 2017

GRAVURE SUR RHENALON

Hier, cours de gravure à l'atelier Anim avec Céline Carrel qui nous accompagne toujours avec bienveillance, enthousiasme et bonne humeur dans nos recherches tout en continuant à produire son magnifique travail de graveuse.

Olivier Deloubrière (auteur BD) et Philippe Silvestre (peintre) ont travaillé sur des cartons de briques de lait et de sauce tomate (Tetrapak). J'ai poursuivi mes expériences sur Rhénalon (carte plastique).

Merci aussi à la librairie La Régulière et à TETRA éditions de nous avoir initiés à la gravure sur Tetrapak.

Ci-dessous mon travail : "La confidence"

la confidence gravure_BD

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22 mars 2017

L'ARTISTE ET LA FORMATION

Ce week-end, j'ai soutenu un mémoire intitulé "l'émergence de la forme, la création des formes ou Gestaltung, dans les arts visuels relevant de l'image fixe" et présenté une oeuvre finale intitulée TIPIPLUI pour valider mon parcours de presque 5 années de formation en "Gestalt et médias créateurs" auprès de la Gestalt Académie à raison d'un journée et demie tous les mois. 

Tipiplui_BDTIPIPLUI habité - Création textile - 2017

Cette formation se poursuit ailleurs puisque je démarre un cycle 2 à l'institut Champ-G de Roubaix pour devenir psycho-thérapeute. La formation d'un Gestalt-thérapeute dure 7 années sur 3 cycles. Le Gestalt-practicien peut commencer à recevoir à son cabinet à la fin du second cycle, c'est à dire dans un an et demi en ce qui me concerne. 

Les futurs thérapeutes, avant d'intégrer le cycle 1, doivent avoir fait 2 années de psycho-thérapie individuelle et 200 heures de travail en groupe à leur actif. Pourquoi je vous raconte cela? Avoir fait un important travail personnel et avoir une solide formation, des exigences nécessaires pour choisir un thérapeute.  

La Gestalt-thérapie prend le patient en considération dans sa globalité (psycho-corporelle), ancre le patient dans le présent (ici et maintenant), observe ce qui se passe dans la relation (thérapie de contact) et propose de faire l'expérience plutôt que de les supposer (expérientelle), tout cela sans plan prévu à l'avance, sans préjugés ni intérprétations, permettant ainsi à chacun de développer sa propre créativité.

J'ai pu faire prendre en charge ces formations car depuis 2014, les artistes-auteurs cotisent auprès de l'AFDAS pour accéder à la formation professionnelle. C'est une immense chance pour nos métiers très précaires qui exigent une palette de compétences multiples et transversales de pouvoir se former, faire évoluer leurs propositions et s'adapter à leur environnement.

Je l'ai déjà dit dans ce blog, je ne suis pas seulement une plasticienne, je suis aussi commerciale, juriste, comptable, directrice artistique, formatrice, administratrice. Alors lorsqu'au café, j'entends dans une discussion une femme raconter : "ce matin, ma fille ne voulait pas se lever pour aller au collège et m'a dit que ce n'était pas la peine d'aller à l'école car elle voulait être artiste" et ses collègues d'acquieser "c'est vrai, ce n'est pas la peine d'aller à l'école pour devenir artiste", ça me fait bondir.

Ils sont si rares aujourd'hui les self-made artists et pour être autodidacte, je connais le coût de ne pas avoir fait les "bonnes" études. Toutefois, si je n'ai pas étudié l'art, j'ai fait des études (Bac+4) qui m'ont donné beaucoup de liberté et permis de réussir ma reconversion en tant qu'artiste il y a 13 ans maintenant.

Ce que je n'aime pas dans ce discours, c'est l'idée que les artistes ne fournissent pas d'efforts, que sont des fainéants, qu'on peut rester au lit pour créer et que l'art coule comme on fait passer le café. Or la création demande tellement de réflexion, de temps, de rigueur, d'apprentissages, d'humilité et de remises en question. Bien loin de l'image irréaliste qu'ont cette jeune fille et sa mère des artistes. 

Tipiplui2_BDTIPIPLUI- Création textile - 2017

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20 février 2017

QUE LE TEMPS DU CONTE COMMENCE

Ce matin, les cymbales de la conteuse Marie Dumont ont résonné au Collège Charles Péguy dans le 19e arrondissement de Paris. 

Que le conte commence(1)

Les élèves pu entendre des contes d'Ecosse, de Grèce, de Scandinavie dont le sujet central était le monstre.

En partenariat avec le Louvre qui a lancé des programmations pour les collègiens autour des "montres de l'Antiquité" et du "corps en mouvement, la conteuse Marie Dumont, l'artiste-plasticienne Séverine Bourguignon et le professeur de français Michel Assedo ont concocté le projet "le monstre en mouvement" pour 2 classes de 6e.

Ce projet mêlant arts plastiques, écriture et conte questionnera les élèves sur leurs connaissances des mythes de l'Antiquité, sur la monstruosité, le combat comme une danse et sur la trace comme mouvement. Après Marie Dumont, c'est l'artiste plasticienne Séverine Bourguignon qui interviendra demain.

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