Blog de Séverine Bourguignon

05 juillet 2016

UN CAMP POUR RÉFUGIES DANS LE 18E ?

Les migrants ? Un sujet qui nous préoccupe tous, qui est là, dans notre champ, et dont pour ma part je ne sais que faire. La meilleure stratégie que j'ai trouvé jusqu'à présent est l'évitement. Je maintiens le sujet à distance pour ne pas me retrouver submergée.

Lorsque j'y pense, je ressens de l'impuissance et de la culpabilité. Et ça me fait encore plus mal de ressasser mon propre désarroi mental lorsque ces migrants, bien vivants et bien rééls, se retrouvent eux dehors ,démunis, et devant faire face à des besoins vitaux : manger, dormir, survivre. 

Sur Facebook, une campagne UNICEF qui me fait réagir (https://youtu.be/nDuM7758SXI?t=3). C'est la tendance actuelle des ONG de faire des pubs chocs et extrêmement culpabilisantes. Dans ce clip, une fillette déguisée en migrante se fait chasser par les personnes qu'elle sollicite puis la même fillette, habillée de façon bourgeoise, se fait accueillir et dorloter. C'est de la manipulation, c'est même plus grave car cela renforce les clivages sociaux en donnant des illustrations sans apporter de solutions. Ces deux situations ne sont pas comparables. Une fillette migrante implique une prise en charge (d'elle et implicitement d'une famille) dont les gens ne peuvent pas prendre la responsabilité. D'ailleurs comment la prendre cette responsabilité : en donnant 10 Euros? 100 ? En lui demandant de venir chez soi? C'est légal? Pour combien de temps? A quel prix pour sa propre existence? 

Je ne dis pas de ne pas aider, je ne dis pas d'éviter, je ne dis pas qu'une solution est impossible. Je dis juste qu'au lieu de nous foutre les boules avec des messages qui donnent envie de fuir en crabe ou de fermer les yeux et passer notre chemin, je pense que ce serait plus constructif d'utiliser cette force de communication à nous faire savoir ce dont les migrants ont vraiment besoin. 

En ce qui me concerne, j'aurai besoin de savoir si les associations ont besoin d'argent, quels associations, pour quel projet? Si les associations ont besoin de nourriture, de vêtements? Où? Si les associations ont besoin de bénévoles et les fonctions à remplir pour savoir quel profil convient (pédagogie, sanitaire, psychologie, alphabétisation) ? 

Des actions concrètes, des actions que l'on peut atteindre individuellement sans s'épuiser plutôt que des messages politiques alarmistes qui me semblent totalement vides de sens et sur lesquels je n'ai en tant que citoyenne aucun levier ou des demandes d'une exigence démesurée. Je pense à cette histoire de colibri où chacun fait sa part pour permettre d'avancer http://www.colibris-lemouvement.org/colibris/la-legende-du-colibri

En attendant, je fais une part pour LE 18E DU MOIS http://18dumois.info/spip/, je dessine. Ce mois-ci pour le dossier préparé par Danielle Fournier et Sophie Roux. Merci à Christian Adnin pour la photo. Merci aux journalistes qui, de nos jours, sont les rares sources fiables d'informations auxquels j'ai accès.

Christian Adnin juillet-aout 2016

18eme du mois

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé le 31 mai " la création d'un camp humanitaire pour réfugiés à Paris ". Le but : " offrir un accueil de jour " mais aussi " un hébergement à des personnes qui arrivent démunies " dans la capitale.

http://18dumois.info

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07 juin 2016

SPOLIATION - Un projet artistique et culturel au collège

SPOLIATION, c'est le titre du recueil de nouvelles illustrées que la classe de 3e4 du Collège Charles Péguy (Paris 19e) a produit cette année. Les élèves ont écrit et dessiné sur le thème du pillage des oeuvres d'art par les nazis sous l'Occupation. Sujet passionnant et très actuel avec la réapparition tout récemment d'un Modigliani dans les "Panama Papers". 

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Collage de Guilhem

SPOLIATION, est un projet dit "transversal" car il lie une enseignante d'histoire-géographie (Mme Arnoux), un enseignant de français (Mr Assedo) et un intervenant extérieur (moi, Mme Bourguignon, en ma qualité d'artiste habilitée par l'Académie de Paris à intervenir en milieu scolaire). Lectures, ateliers et films ont jalonné le projet en plus de la vingtaine d'heures d'interventions pendant lesquelles j'ai accompagné la classe, sur les heures de cours de Michel Assedo.

Cette année, SPOLIATION a permis à certains des élèves décrocheurs de la classe (qui constituaient un bon quart des effectifs) de ne pas décrocher totalement, de rester avec la classe, d'être valorisés parce qu'ils ont de l'humour, parce qu'ils ont un bon relationnel, parce qu'ils ont des idées que d'autres peuvent les aider à mettre en oeuvre ou parce qu'ils dessinent bien.

Ce qui fonctionne dans l'approche proposée, c'est :
- l'interaction des élèves entre eux, des élèves avec les enseignants, des enseignants avec l'intervenant. On échange davantage que dans les cours habituels puisque les élèves travaillent souvent à plusieurs et coopèrent. La communication n'est pas figée dans la configuration classique : émission(enseignant)-réception(élèves). 
- la mobilité. La classe n'est pas figée non plus dans l'espace car les groupes de travail changent selon la consigne. L'enseignant et l'intervenant se déplacent pour répondre aux besoins des élèves. Les élèves présentent aussi certains travaux devant la classe à l'oral.
- Partir des élèves. Qu'est-ce qui va leur plaire, les amuser, leur sembler facile, leur donner envie d'en savoir plus ? C'est une question de dosage et il s'agit de diluer les apports théoriques dans une solution ludique. Ma préoccupation est de proposer des "exercices" qui vont permettre aux élèves d'apprendre sans efforts (ou "souffrance"). De plus, les élèves votent pour sélectionner des histoires, ils votent aussi pour des visuels. Par exemple, la couverture du recueil n'est pas celle que j'aurai recommandée mais je respecte leur choix et de façon à ce qu'ils s'approprient et se responsabilisent sur leur production. 

L'année dernière, les 3e 2 avait réalisé un roman illustré : CONVOI 55, relatant l'histoire tragique de Thomas Fogel, ancien élève du collège, juif, résistant et mort en déportation. Ce roman est parvenu à Anna (sa fiancée de l'époque) et à leur fils (né en avril 1943) le jour des 91 ans d'Anna. Avec ce projet, les ingrédients de la réussite (niveau de la classe, thème du projet) étaient réunis dès le départ et le résultat a été excellent.

Cette année, les prognostics étaient très mitigés car la classe était difficile et le thème moins abordable, moins facile d'entrée, pourtant le résultat est tout à fait excellent. La réussite de CONVOI 55 pouvait être mise sur le compte de la chance mais avec SPOLIATION, on peut dire qu'il ne s'agit pas de hasard. C'est une méthode de travail qui fonctionne.

CONVOI 55 et SPLOLIATION existent parce que j'ai des partenaires et des financements. Il y a des enseignants comme Michel Assedo et Brigitte Arnoux qui aiment leur travail et leurs élèves et des chefs d'établissement comme Mme Bouffard qui octroient du budget à ces projets.  

(cliquer sur les liens pour voir les fichiers PDF)

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02 juin 2016

ART SYMPOSIUM MACÉDOINE - Episode 3

C'est le dernier épisode de ma résidence artistique en Macédoine. Je voulais vous montrer le travail que j'ai fait sur place.

Rappelez-vous, j'étais partie en demandant aux participants de ramener des pièces de monnaie de leur pays. Mon projet était de faire 2 toiles signifiant un mélange des nations fructueux avec des éléments collectés sur place à Struga, des pièces de tous pays frottées sur papier de soie à la mine de plomb et l'emblème de la semeuse sur les francs français (puisque je représentais la France dans ce groupe).

Semeuse1_BDSemeuse I - 40x60cm - Papier de soie, ficelle et caillou ramassée sur la plage du lac, acrylique et pastels secs.

Un code veut que la gauche représente le passé et la droite l'avenir. Alors oui, notre semeuse est tournée vers l'avenir mais l'essentiel ce sont les graines qu'elle sème.

Et pour finir, je tenais à vous faire partager une découverte récente : le terme "balkanisation".

A votre avis, est-ce :
1) l'envahissement d'un pays par des populations venants des Balkans, comme on dirait pour gentrification d'un quartier.
2) la filiation avec des politiciens escrocs dont le nom de famille serait Balkani.
3) une notion politique qui désigne "le processus de morcellement d’unités politiques et géographiques qui existaient en une multitude d'états". 

La campagne en cours du Front National "Contre la charte européenne et la balkanisation de la France" joue habilement sur les diverses interprétations possibles de ce terme et leur possible assimilation à quelque chose d'intrusif ou de malintentionné. C'est assez fort d'avoir fait ressurgir cette notion qui date de 1918 de façon à manipuler l'opinion publique.

Sincèrement, combien d'entre-vous connaissez le terme "balkanisation" et si vous le connaissiez à bac+combien en êtes-vous rendu? C'est bien évidemment la réponse 3 et quand on regarde sur une carte géographique la fragmentation des pays des Balkans, on saisit immédiatement l'image et le concept.

Ca réclame un peu d'éducation de ne pas plonger dans les interprétations.

Semeuse2_BDSemeuse II - 40x60cm - Papier de soie, roseaux ramassés sur la plage du lac, acrylique et pastels secs.

 

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25 mai 2016

CA CARTONNE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX !

Vous voyez souvent sans le savoir le travail d’artistes remarquables qui restent invisibles. Ce sont des sherpas, ils gravissent des millions de fois les sommets mais laissent quelqu’un d’autre planter le drapeau à leur place. 

Il me parait bon de citer les sources et de rendre à César ce qui est à César. Je vois un peu trop souvent à mon goût, et particulièrement en ce moment, les idées de mes collègues plasticiens ou illustrateurs nourrir la publicité et la communication au sens plus large. Trouvez-vous juste que l'art soit détourné pour être mis

collage

 au service de la publicité? ? Quelle valeur pour la création dans ce cas ? Si le commercial vide l'art de son sens comment créér aujourd'hui ? Enfin voilà quelques questions que je me pose...

Des exemples concrets ! Ca cartonne sur les réseaux sociaux en ce moment :

-          Le magnifique clip de Coldplay pour le titre Up&up https://www.youtube.com/watch?v=BPNTC7uZYrI Vous pouvez remercier des artistes tels qu’Eugenia Loli, Joe Webb, Sammy Slabbinck et Sarah Eisenlohr, collagistes plein d’humour et d’imagination, qui ont inspiré cette création. Cherchez 'collage' sur Pinterest ou les noms de ces collagistes sur Ufunk si vous voulez en voir plus. D'ailleurs, je suis presque prête à parier que lorsque la mine d'or du Street Art se sera tarie, ce sera le tour du collage.

-          Ensuite, pour la bonne cause, la nouvelle campagne d’Amnesty International « Look beyond borders » fait fureur. L’artiste Marina Abramovic a sans doute largement inspiré le clip https://www.youtube.com/watch?v=f7XhrXUoD6U avec sa performance « The Artist is present » qu’elle a tenu pendant plusieurs semaines en 2010 au MoMa https://www.youtube.com/watch?v=sLbFugaFyAA

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24 mai 2016

EVA JOSPIN - Après la visite

Dès mon retour de Macédoine, j'ai couru voir l'installation d'Eva Jospin dont je vous avais parlé dans le blog. L'impression extérieure de froid avec le verre du miroir et la cour carrée minérale constraste avec le coeur chaud du dispositif. On est bien à l'intérieur du panorama d'Eva Jospin. Mon petit garçon de 4 ans s'est empressé de demander où était le loup. 

Eva Jospin

Si je reviens sur ce travail, c'est que j'ai des choses à en dire.

En premier point, je voulais parler de la médiation artistique du Louvre. L'artiste a donné 2 ateliers pour enfants en avril et ce sera apparemment tout. Pourquoi n'y-a-t'il pas d'autres interventions programmées, avec des conteurs par exemple? Je rappelle que l'installation va rester visible jusqu'au 28 août. Ceci dit, je me souviens d'une visite sur les 5 sens au Louvre avec une classe de maternelle et une conférencière malaimable à vous dégoûter des musées. 

Le Louvre, en raison de l'afflux massif de touristes étrangers, n'a peut-être pas besoin de faire d'efforts pour intéresser les visiteurs à son contenu. Mais peut-être en a-t-il le devoir? Ah ah comme j'y vais ! Je rajoute même qu'au pied de l'installation, un cartel a été posé nous informant que le panorama était en vogue jusqu'à la fin du 18e siècle et que d'ailleurs le Louvre détient le plus ancien connu à ce jour, "Le panorama de Constantinople" du peintre français Pierre Prévost.

Nous rentrons dans le Louvre et je m'empresse de demander où je peux voir la bête. A l'accueil, ils n'étaient même pas au courant et quelqu'un a fini par nous donner l'information (avec grand intérêt et courtoisie) qu'étant sur papier, l'oeuvre ne pouvait pas être exposée.

A quoi ça sert de le dire dans le cartel alors? Avec les outils modernes et les moyens d'un musée national, n'est-il pas possible de photographier "Le panorama de Constantinople" et de le projeter dans une salle afin de faire vivre une oeuvre remisée et de faire des liens? Manque d'idée, paralysie d'un système encrouté de hiérarchie, paresse ? Yo no comprendo la démarche ou plutôt le manque de démarche. C'est dommage !

Panorama de Pierre Prévost - Musée du Louvrehttp://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/pierre-prevost_panorama-de-constantinople_huile-sur-toile_1818

Il y reste un second point, un doute, au sujet du financement de l'installation d'Eva Jospin. En effet, sur le même cartel - pourtant très court - on voit en bas "avec la gracieuse participation de..." et deux noms sont cités dont un éclairagiste. Quoi??? Quand je vois l'importance de l'éclairage dans cette installation, je ne peux pas croire que cette prestation ait été fourni gratuitement car c'est ce que gracieux veut vraiment dire. Donc, si Le Louvre n'a pas les moyens de payer une commande ou si Eva Jospin ne paye pas ses collaborateurs alors qui, en France, est en mesure de le faire? Un très mauvais exemple pour les artistes qui vivent déjà pour 80% d'entre eux sous le seuil de pauvreté !

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18 mai 2016

ART SYMPOSIUM MACEDOINE - Episode 2

Comme promis voici la suite pour laquelle je vais m'attarder sur le profil des participants et aussi sur l'intérêt de rencontrer ces pays des Balkans, européens de loin.

Ce sont tout d'abord de grands voyageurs. Jovanna Kolic qui a travaillé en Afrique du Sud, en Slovénie et veut rejoindre son frère à Berlin prochainement. Taida Jasarevic qui a vécu 10 ans au Japon et est marié à un anglais. Liewkhe Loth, hollandaise vivant près de Malaga où elle a une galerie. La plupart des artistes des pays des balkans ont résidé à la Cité des Arts à Paris et ils m'en parlent avec des étoiles dans les yeux malgré les efforts économiques que cela leur demande.

Roseaux de Struga II_BD

Ensuite, je dirai donc qu'en plus d'être globetrotters dotés d'un excellent potentiel relationnel, tous ces artistes sont des militants, des personnes ayant un grand sens de l'engagement.

Joyce Colon, l'américaine, était passé par un camp de migrants en Grèce avant de venir au Symposium.

Les artistes Macédoniens (Burhan Ahmeti, Baskhkim Mexhiti, Bajram Xhelili) ou Kosovars (Blerta Surroi, Mjellma Goranci Firzi, Eshref Qahili) sont nombreux à enseigner au lycée ou à l'université. La plupart se sont connus pendant leurs études d'art dans des temps de guerre. Ils nous ont raconté que les professeurs Kosovars passaient la frontière avec grande difficulté pour venir leur donner des cours et que toutes les nationalités frontalières se retrouvaient au même endroit pour apprendre. Puis l'enseignement artistique à l'université est devenu illégal et les artistes se rassemblaient dans un garage de Skopje pour y travailler jour et nuit en signe de protestation. Je vous retranscris ce que j'ai capté des conversations un peu en vrac mais la bobine mériterait d'être démêlée.

Taida Jasarevic, artiste bosniaque, spécialiste de l'impression sur papier avec qui j'ai fait le trajet Struga-Skopje en voiture, a profité des 2h30 de trajet pour me transmettre un résumé de son histoire. Elle trouve incroyable de voir Sarajevo si belle aujourd'hui alors que la ville était totalement dévastée en 1995. Pendant presque 5 années, alors qu'elle était adolescente, elle a vécu sous les bombes dans une cave et crevait de faim à se régaler d'une feuille de pissenlit. Des enseignants venaient faire classe dans des sous-sols de regroupement. Les cours étaient copiés en plusieurs exemplaires au papier carbone. Elle ne comprend toujours pas pourquoi ses parents n'ont pas quitté la ville pendant qu'il était encore temps. Elle en veut à son pays de continuer à faire de la ségrégation éthnique. Elle accuse aussi les instances internationales de fermer les yeux sur ces ingérences. Elle s'interesse à la façon dont une nation pardonne et reconnait ses fautes.

Le maire de Struga, ancien membre du parlement, Ziadin Sela (à côté de qui j'ai passé le déjeuner de clôture du Symposium) nous a aussi parlé des conflits éthniques qui existent en Macédoine. Il fait d'ailleurs l'objet de nombreuses controverses en défendant la cause albanaise qui représente 30% de la population et s'est opposé à son propre parti politique (qui est le parti d'opposition) en créant un nouveau parti (14.000 adhérents) en raison des problèmes de corruption. En ce moment, les manifestations anti-corruption sont quasi-quotidienne à Skoje.

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Ces pays des Balkans me semblent si loin de nous, en rade de tourisme européen, avec une démocratie encore bancale et une histoire qui ne nous parvient que si faiblement. Les rencontres artistiques sont une ouverture et un dialogue possibles. 

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11 mai 2016

ART SYMPOSIUM MACEDOINE - Episode 1

J'envisageais de poster les articles lors de mon séjour mais la connexion de l'hotel était trop mauvaise.

Nous étions reçus à Struga une petite ville au bord du lac Okhrid, connu pour sa ville du même nom et pour ses perles de nacre de coquillages. L'hotel Solferino,qui sera notre cadre de travail, est un lieu magnifique au bord de l'eau. Je partage ma chambre avec la hollandaise Lieuwke Loth http://www.lieuwkeloth.nl/ et je l'aurai bien partagée aussi avec la Serbe Jovana Kolic http://jovanakolic.com/ mais j'ai renoncé à ce projet quand elle a expliqué qu'elle ne pouvait pas dormir avant 3 heures du matin (d'ailleurs elle est restée seule dans sa chambre en raison de ce petit "handicap" nocturne).

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Durant trois jours, les artistes sont arrivés progressivement d'un peu partout : Azerbaijan, Roumanie, Arabie Saoudite, Biélorussie, Etats-Unis...Avec une langue commune, l'anglais. Le mélange des nationalités est un des fondements de ces symposiums-rencontres artistiques et j'en comprends le sens et la richesse.

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Au programme, des excursions autour du lac, une exposition à la fin du séjour, des rencontres avec des visiteurs et la production de 2 toiles pour chacun des artistes. Me sentant plus plasticienne que peintre, j'ai réfléchi à un concept.

La Macédoine pour la France représente un mélange (j'ai d'ailleurs amené des petites boîtes de conserve de macédoine de légumes aux artistes pour en attester) et un mélange de 28 nationalités différentes pour ce symposium. Quinze jours avant le départ, jai demandé aux artistes participants - notamment pour ceux qui se trouvent hors de la zone Euro - de bien vouloir penser à apporter quelques pièces de monnaie de leur pays. A l'arrivée, j'ai récolté mes pièces. C'était aussi une jolie façon de créér du lien.  

Mon projet était de faire 2 toiles signifiant un mélange des nations fructueux avec des éléments collectés sur place à Struga, des pièces de tous pays frottées sur papier de soie à la mine de plomb et l'emblème de la semeuse sur les francs français (puisque je représentais la France dans ce groupe).

Une trentaine d'artistes se sont trouvés réunis au final et c'est un jackpot de belles rencontres.

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27 avril 2016

EVA JOSPIN

J'ai découvert le travail d'Eva Jospin au Palais de Tokyo avec son installation, une forêt, qui ouvrait l'exposition INSIDE. Un article du monde magazine avait relancé mon intérêt pour son travail. Aujourd'hui, je viens vous recommander d'aller découvrir son "panorama" dans la cour carré du Louvre.

C'est gratuit et c'est jusqu'au 28 août tous les jours sauf le mardi. http://www.louvre.fr/expositions/art-contemporain-eva-jospin-panorama

François Mori _ AP

Eva Jospin assemble des bouts de carton qui deviennent des branches. Les premières forêts sont apparues en aplat, dessinées pour faire un fond et progressivement, la forêt est remontée, s'est soulevée et densifiée. Les branches sont devenues des troncs, des cimes, des espaces profonds.

Quand je regarde ses forêts, mon regard circule et cherche frénétiquement quelque chose pour l'arrêter : un accident, un animal, une couleur, un signe pour soulager ma quête de sens mais il n'y a rien que ces bois grands et sombres. A l'occasion de la création de ce "panorama" au Louvre, je découvre qu'une autre matière fait son apparition : la roche. Les cartons faces sont désormais utilisés aussi sur la tranche.

Peu à peu, l'artiste chemine et nous avec.

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24 avril 2016

LE COLLAGE COMME MEDIATION

Au mois d'avril, j'ai participé à une formation de 3 jours à l'INECAT animé par Béatrice Bodiou dont le thème était "Collage contemporain, le collage comme installation". Il s'agit de formation pour des médiateurs artistiques ou art-thérapeutes.

Ce fut un moment de travail intense et de plaisir absolu. Je propose déjà le collage dans mes formations et ici, avoir le temps de se plonger dedans, de réfléchir au but et aux conséquences de ces propositions, d'expérimenter m'a permis d'intégrer de précieuses ressources pour le futur et notamment de proposer des sessions de week-end collage à l'atelier du Delta. Avis aux intéressés !

Plusieurs propositions nous ont été faites et voici le résultat du "collage comme installation". D'abord, il a été question de trouver sa place dans un espace donné pour une groupe composé de 14 personnes et ce n'est pas une mince affaire. Le travail commence souvent là où on ne l'attend pas. Je voulais un poteau (le seul de la salle) mais l'espace auour était déjà investi et j'ai renoncé à affronter de l'hostilité territoriale pendant l'élaboration de mon installation.

Faute de poteau, j'ai créé mon dispositif ascensionnel avec des tabourets que j'ai ensuite pu habiller. Le résultat s'appelle "TOWTEM", mélange de tower et de totem.

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Installation collage 2

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22 avril 2016

LAND-ART SESSION

Une activité à proposer lorsqu'on a un peu d'espace vert ou un morceau de nature à disposition : le land-art.

Matériel :
- le jardin de Maminicole
- des bouts de bois mort
- des pignes de pin grignotées par les écureuils pour le roux intérieur
- un vieux ramequin pour le point d'eau 

Mes enfants se sont montrés un peu dubitatifs au départ : "Ca sert à quoi ce que tu fais?" Réponse :"A rien!"
Il s'agit d'une activité autotélique, n'ayant d'autre but que le seul plaisir qu'elle procure (spécial dédicace à ma collègue de sculptrice Sophie Susplugas). Et puis comme souvent, le fait que l'adulte fasse a insufflé l'envie de faire aux enfants.

Un moment sans rien à gagner que la poésie et la douceur de l'instant partagé.

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