Voici le début d'une série de chroniques sur le thème Comment choisir son psy ?

C’est souvent vers son médecin généraliste que l’on se tourne pour demander l’adresse d’un thérapeute. D’ailleurs, c’est peut-être lui qui vous a conseillé d’aller en voir un et ce n’est sans doute pas la première fois qu’il vous recommande un spécialiste. Il est une ressource, une caution professionnelle rassurante et un allié de premier choix.

Si on y pense bien, c'est assez logique ! Votre médecin vous a déjà vu tout nu, a déjà eu affaire à vous dans des moments où vous n’étiez pas franchement au top (si si souvenez vous quand vous aviez cette terrible gastro) et a déjà eu accès aux arcanes de votre intimité (le dernier arrêt maladie qu’il vous a fait lorsque vous étiez au fond du trou après une charrette au boulot). C’est mieux s’il vous donne 2-3 noms de thérapeutes à qui vous adresser, histoire d’avoir le choix.

Vous pouvez vous adressez à d’autres professionnels de santé : votre kiné, votre ostéopathe, votre pharmacien…On se tourne aussi vers des proches, des gens de confiance dont on sait qu’ils consultent ou ont consulté. Lou, ultra-dépressive il y a 2 ans, a souvent évoqué l’importance de son psy dans sa vie. Elle fait plaisir à voir aujourd’hui et vous vous dites que son thérapeute y est sans doute pour quelque chose. Demandez-lui le contact en gardant bien en tête que si ce thérapeute a bien convenu à Lou, il n’en sera pas forcément de même pour vous.

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Si avez un thérapeute dans votre entourage, n’hésitez pas à lui demander des adresses. Pour des raisons déontologiques, il ne vous recevra pas mais les psys fonctionnent beaucoup en réseau et il pourra vous aiguiller vers des confrères et consœurs. Il pourra vous orienter en fonction de vos besoins. Le choix est vaste et c’est important de savoir si c’est un addictologue, un psychiatre, un sophrologue ou un thérapeute spécialiste des traumas ou des hauts potentiels que vous cherchez.

Dans le secteur public, Vous pouvez consulter des psychiatres ou des psychologues dans les services psychiatriques des hôpitaux ou vous diriger vers les Centres Médico-Psychologiques (CMP) qui ont l'avantage d'offrir des services gratuits. Pour ces adresses institutionnelles, n'hésitez pas à consulter le site de http://www.psycom.org/ qui est une mine de renseignements quand on a le temps d'éplucher tout ça. Il y existe des annuaires sur le net comme Doctolib, Resalib, l'Annuaire des thérapeutes et mêmes des annuaires spécifiques comme celui des gestalt-thérapeutes...

Mais généralement, à moins d’avoir quelques connaissances dans le domaine de la psychologie, comment s’y retrouver parmi tous ces choix, tous ces titres, toutes ces techniques ? Le réseau personnel reste, à mon sens, la meilleure et la plus fiable des sources.

Quand j’ai décidé d’aller consulter, je n’ai pas pensé à demander autour de moi, cette incapacité à demander de l’aide faisant d’ailleurs partie des problématiques auxquelles j’allais devoir m’atteler par la suite. J’ai pris les pages jaunes et j’ai cherché une femme de mon âge consultant dans mon quartier qui ne soit pas psychiatre ou psychanalyste. Je voulais un truc moderne "du face à face avec quelqu'un qui échange". J’ai éliminé les prénoms comme Jacqueline, Yvonne, Thérèse et j’ai laissé des messages sur deux répondeurs. Une personne m’a rappelé pour convenir d'un rendez-vous.

J’ai vu cette psychothérapeute 6 mois mais ses nombreux retards et ses digressions sur sa vie personnelle ont eu raison de ma patience. C’est le thérapeute d’une amie que je suis ensuite allée voir pour lui succéder et avec qui j’ai fait un douloureux et nécessaire bout de chemin. Il pratiquait la thérapie humaniste, jungienne et existentialiste mais franchement ses qualifications à l’époque m’importaient bien moins que la qualité de sa présence, de son écoute et de ses échos.

Pour clore, j’attire votre attention sur le fait d’aller voir le psy d’un proche. Un thérapeute ne pourra pas (et ne doit pas) vous recevoir s’il voit déjà votre conjoint, votre sœur, votre enfant. Il restera prudent s’il reçoit un ami proche ou un collègue de bureau, ceci pour éviter tout conflit d’intérêt.

Que se passerait-il si ce collègue commentait l’indiscrétion de dire qu’il vous croise chez le psy à ce chef de service qui vous harcèle ? Ou si ce collègue venait à devenir votre subordonné à l’avenir ? Que se passerait-il si en partageant des avis sur votre travail thérapeutique, votre ami avait l’impression que le thérapeute s’occupe mieux de vous que de lui, attisant une jalousie familiale ancienne et nuisant irrémédiablement à votre amitié ?

Et si la thérapie est au-delà de vos moyens financiers, ne renoncez pas, car outre les CMP ou la BAPU (pour les étudiants), vous pouvez vous adresser à tous les groupes ...Anonymes (Alcooliques, Boulimiques...et autres nombreuses thématiques) ou à d'autres structures comme l'APSOS, la Société Psychanalytique de Paris ou encore aux PSYS DU COEUR.

Voilà donc des premières pistes pour trouver un psy, la prochaine chronique vous donnera des précisions sur les différents types de psy.

Et vous comment vous y êtes vous pris pour trouver votre psy ?

ou_trouver_son_psy (cliquer pour écouter ce texte en audio)