Je n'avais jamais eu envie ni eu l'obligation ou la proposition de faire la copie d'une peinture. Et puis, travaillant sur un album documentaire jeunesse sur la Norvège, me voici avec un texte sur Edvard Munch à me demander comment faire une illustration à ce sujet. Est-ce que je dessine un portrait? Est-ce que je demande l'autorisation d'utiliser la photo d'un de ses tableaux?

J'ai finalement pris la décision d'essayer de voir ce que donnerait une réinterprétation de son tableau "Le cri" (Skrik en Norvègien). Il en existe 5 versions cinq versions (trois peintures, un pastel et une lithographie) si bien que Le cri peut être considéré comme étant le nom d'une série.

J'ai plongé dans la crise existentielle d'un homme. C'est en peignant le personnage que j'ai été impactée de tristesse et de solitude. Sans en avoir conscience mais en regardant avec du recul, je me rends compte que j'ai compensé ces émotions qui ne sont pas miennes par le geste et la couleur. Le reste du paysage est peint avec une dynamique plus proche de mon état et ça a été un chemin agréable à emprunter.

Je ne me suis pas appliquée à vouloir refaire à l'identique, je voulais rendre l'esprit de la peinture sans me compliquer la tâche ou me bloquer devant un objectif trop inaccessible. On sent bien ma "patte" dans ce travail de copie, la trace de ma propre identité cherchant à suivre la sienne. J'ai été avec Munch sur le mouvement des lignes ou le déposé des ombres, les touches de lumière qui paraissent presque accidentelles. 

J'avoue que j'imaginais que copier une oeuvre de maître serait ennuyeux. Après en avoir fait l'expérience, le résultat est celui d'une véritable découverte et aussi une rencontre avec l'artiste. Je conseille l'exercice.

Munch     Edvard Munch

A gauche interprétation de Séverine Bourguignon / A droite l'original d'Edvard Munch