Pour la sortie de son livre Journal d'une ado expatriée, Véronique Martin-Place, auteure, coach et blogueuse, invite des blogueurs, médias sociaux ou partenaires liés à l'écriture et à l'expatriation à réagir à sa publication. Avec Séverine Bourguignon, plasticienne, illustratrice et formatrice arts plastiques, c'est la genèse du livre et une belle histoire d'amitié dont il s'agit puisqu'elles se sont rencontrées il y a trois ans lors d'un atelier d'écriture et ne se sont plus perdues de vue depuis.

Pour ce blog tour, elles ont eu envie d'un jeu d'écriture pour vous raconter leur rencontre, leurs projets et le parcours de Véronique dans l'écriture de son roman. Pour vous, elles font "comme dans les magazines quand deux acteurs répondent ensemble à une interview pour la sortie d'un film".

Comment vous êtes-vous rencontrées ?

VMP : Nous sommes connues dans le cadre d’un atelier d’écriture jeunesse. Tout se passait par e-mail : les consignes et propositions d’écriture, l’envoi des textes des participants, les retours de l’animatrice et ceux des participants. J’ai tout de suite été attirée par les productions écrites de Séverine qui fait preuve d’une grande imagination. Ces textes étaient vifs et piquaient ma curiosité. Ses retours sur les textes des autres étaient toujours complets et pertinents. Puis à la fin de l’atelier, nous avons eu envie de poursuivre le travail ensemble. Nous avons organisé des séances Skype pour nous voir presque en vrai. Lorsque je suis rentrée en France — je vivais en Chine — j’ai profité du Salon du livre jeunesse de Montreuil en 2015 pour la rencontrer en vrai !

SB : Nous avons appris à nous connaître d'abord à travers nos productions puis plus personnellement. La confiance s'est installée au fil de nos rendez-vous.

Comment avez-vous travaillé et appris à travailler ensemble ?

VMP : Nous avons décidé de reprendre certains textes produits dans le cadre de l’atelier d’écriture jeunesse afin de les retravailler. Nous avions établi un programme de travail avec des deadline précis. Mais nous avons su rester souples en fonction des contraintes professionnelles et familiales de chacune. Il n’y avait que de l’émulation positive, des remarques constructives et bienveillantes. Et beaucoup d’humour, de rigolade et de générosité. C’est pour cela que cela fonctionne entre nous !

SB : C'est vrai, je me souviens que nous avions un calendrier très précis auquel nous nous sommes tenues. Ce rythme a été important pour progresser, pour tester notre envie d'écrire et notre endurance à écrire quoi qu'il arrive ou quel que soit notre état de fatigue ou d'occupation par ailleurs.

Comment la relation a progressé ?

SB : Je suis plus extravertie que Véronique, plus bavarde aussi. Dans les retours sur nos textes, j'ai beaucoup appris de Véronique qui faisait des retours que je trouvais concis. Elle me laissait toujours une porte ouverte si j'avais besoin de plus mais ça a toujours été suffisant. C'est bon, ce sentiment de satiété. Notre relation professionnelle a été constructive et riche dès le départ, c'est notre relation personnelle qui a évolué dans le temps. Je dirai que Véronique s'est laissée apprivoisée (rires).

VMP : Au début, je n’en disais pas trop sur mon mode de vie d’expatriée. Je ne voulais pas trop en parler. Séverine m’a expliqué qu’elle avait connu cela dans son enfance. Elle comprenait les aléas de ce mode de vie. Cela m’a tout de suite mise en confiance. Je lui ai dit que j’avais envie d’écrire sur le sujet pour les enfants. Elle m’a encouragée car elle a cru en mon projet de roman sur l’expatriation pour les pré-adolescents et adolescents.

Comment le projet a progressé ?

SB : Après avoir planché sur des textes courts, nous avons eu envie de nous essayer au roman jeunesse. Si nous nous sommes toujours accordées avec une fluidité qui peut paraître naturelle, c'est que nous avons acquis par les ateliers d'écriture une éthique et une méthode de travail qui nous ont permis d'instaurer un cadre de travail adapté sur mesure à nos besoins mutuels. C'est fondamental de respecter le rythme et la singularité de l'autre. Comme pour un match de foot, je tenais à être là jusqu'à la fin de l'écriture du roman de Véronique car quand un membre de l'équipe marque un but, c'est toute l'équipe qui gagne.

VMP : Nous avons choisi de travailler chacune sur un projet long. Séverine sur un roman première lecture Le clan des Shamanes et moi sur Journal d’une ado expatriée. Nous lisions chacune les textes de l’autre et faisions des retours au fur et à mesure. C’était très motivant. Je crois que je ne serais jamais arrivée au bout du manuscrit sans cette collaboration. Séverine a terminé avant moi la rédaction de son projet car le format de son roman était plus court. J’ai continué le mien et elle toujours été là pour me lire au fur et à mesure que je produisais les chapitres du roman.

Que va devenir votre relation ?

VMP : Nous n’allons pas nous arrêter là, c’est certain ! Nous avons moins travaillé ensemble cette année mais nous nous sommes vues et avons discuté plus souvent. J’ai un nouveau projet de livre jeunesse qui est né de notre second atelier d’écriture créative  à deux. J’aimerais beaucoup à nouveau écrire dans le cadre d’une émulation positive et constructive avec Séverine. Je sais qu’elle a aussi envie d’écrire et qu’elle a des projets. Ce serait une bonne occasion de relancer nos machines à écrire intérieures. Qu’en penses-tu ?

SB : La rentrée est un moment idéal pour faire le point et nous verrons comment aménager un temps d'écriture en fonction de nos emplois du temps respectifs. Je suis confiante car je veux continuer à écrire, Véronique aussi et je crois également que nous avons envie de maintenir cette relation professionnelle et amicale qui est fertile pour toutes les deux. C'est rare !

Qu’avez-vous le plus apprécié dans cette collaboration ?

VMP : Le fait de partager et d’échanger sur nos manières de travailler et de créer a été très bénéfique. Après une discussion avec Séverine, je suis toujours motivée et inspirée ! Nous avons eu chacune nos périodes de doutes sur notre capacité à écrire pour la jeunesse, à être publiée, etc. Partager sur le sujet avec Séverine m’a toujours permis de trouver des solutions et de repartir motivée à fond les manettes ! Elle est très forte !

SB : Véronique a une vision globale du projet qui est impressionnante car elle jongle avec une aisance incroyable entre la sensibilité et la technique. Dans ces retours, elle est juste et respectueuse. Sur les cas de figure complexes, elle me donne toujours un exemple que je peux suivre ou pas mais qui a l'avantage de me donner une piste de construction. Elle est persévérante aussi, elle sait maintenir l'effort et donner le goût de l'effort. J'adore sa manière d'être et de faire !

Avez-vous des projets créatifs communs ?

VMP : Pas pour le moment. Mais je pense que c’est quelque chose qui se fera naturellement soit sous la forme d’un atelier d’écriture jeunesse commun soit à travers un  projet d’album jeunesse.

SB :  Pour l'instant, nous nous développons ensemble, côte à côte, et pour moi, ce sont des projets créatifs communs. Je me sens très impliquée dans les projets de Véronique et l'engagement est réciproque. Nous échangeons souvent sur la création mais aussi sur le développement à donner à nos projets. Si un projet à mener ensemble arrive, un album ou un atelier, ce sera le bienvenu et ce sera naturel d'allier nos compétences. Avec Véronique, je sens ma valeur, je me sens forte !

Quels sont vos futurs projets créatifs respectifs ?

VMP : Dans les prochains mois, je vais reprendre un projet d’anthologie sur le thème de la maternité et de la parentalité en expatriation que j’ai dû mettre de côté pour finaliser Journal d’une ado expatriée. Je prévois également de m’atteler à l’écriture d’un nouveau projet de roman jeunesse pour les 7-9 ans.

SB : J'ai souvent plus de projets que de temps. Alors régulièrement, je m'oblige à faire le tri, à renoncer, à reporter, à choisir selon l'urgence intérieure et la réalité matérielle. Pour l'instant, je donne la priorité aux albums documentaires jeunesse de géographie en cours avec mon éditeur Grandir. Les projets personnels sont des albums documentaires, plutôt scientifique ceux là.

 

Journal d’une ado expatriée de Véronique Martin-Place est disponible en version papier et numérique sur les sites d’Amazon.
ISBN : 979-10-94716-03-8
Prix : 12€

Véronique Martin-Place