Ce week-end, j'ai soutenu un mémoire intitulé "l'émergence de la forme, la création des formes ou Gestaltung, dans les arts visuels relevant de l'image fixe" et présenté une oeuvre finale intitulée TIPIPLUI pour valider mon parcours de presque 5 années de formation en "Gestalt et médias créateurs" auprès de la Gestalt Académie à raison d'un journée et demie tous les mois. 

Tipiplui_BDTIPIPLUI habité - Création textile - 2017

Cette formation se poursuit ailleurs puisque je démarre un cycle 2 à l'institut Champ-G de Roubaix pour devenir psycho-thérapeute. La formation d'un Gestalt-thérapeute dure 7 années sur 3 cycles. Le Gestalt-practicien peut commencer à recevoir à son cabinet à la fin du second cycle, c'est à dire dans un an et demi en ce qui me concerne. 

Les futurs thérapeutes, avant d'intégrer le cycle 1, doivent avoir fait 2 années de psycho-thérapie individuelle et 200 heures de travail en groupe à leur actif. Pourquoi je vous raconte cela? Avoir fait un important travail personnel et avoir une solide formation, des exigences nécessaires pour choisir un thérapeute.  

La Gestalt-thérapie prend le patient en considération dans sa globalité (psycho-corporelle), ancre le patient dans le présent (ici et maintenant), observe ce qui se passe dans la relation (thérapie de contact) et propose de faire l'expérience plutôt que de les supposer (expérientelle), tout cela sans plan prévu à l'avance, sans préjugés ni intérprétations, permettant ainsi à chacun de développer sa propre créativité.

J'ai pu faire prendre en charge ces formations car depuis 2014, les artistes-auteurs cotisent auprès de l'AFDAS pour accéder à la formation professionnelle. C'est une immense chance pour nos métiers très précaires qui exigent une palette de compétences multiples et transversales de pouvoir se former, faire évoluer leurs propositions et s'adapter à leur environnement.

Je l'ai déjà dit dans ce blog, je ne suis pas seulement une plasticienne, je suis aussi commerciale, juriste, comptable, directrice artistique, formatrice, administratrice. Alors lorsqu'au café, j'entends dans une discussion une femme raconter : "ce matin, ma fille ne voulait pas se lever pour aller au collège et m'a dit que ce n'était pas la peine d'aller à l'école car elle voulait être artiste" et ses collègues d'acquieser "c'est vrai, ce n'est pas la peine d'aller à l'école pour devenir artiste", ça me fait bondir.

Ils sont si rares aujourd'hui les self-made artists et pour être autodidacte, je connais le coût de ne pas avoir fait les "bonnes" études. Toutefois, si je n'ai pas étudié l'art, j'ai fait des études (Bac+4) qui m'ont donné beaucoup de liberté et permis de réussir ma reconversion en tant qu'artiste il y a 13 ans maintenant.

Ce que je n'aime pas dans ce discours, c'est l'idée que les artistes ne fournissent pas d'efforts, que sont des fainéants, qu'on peut rester au lit pour créer et que l'art coule comme on fait passer le café. Or la création demande tellement de réflexion, de temps, de rigueur, d'apprentissages, d'humilité et de remises en question. Bien loin de l'image irréaliste qu'ont cette jeune fille et sa mère des artistes. 

Tipiplui2_BDTIPIPLUI- Création textile - 2017