Juin est arrivé et je me suis dit les vacances ne sont pas loin, bientôt le maillot de bain. Mais tu rêves, pauvre et inconsciente mère (ou père peu importe). La tendance est à la contrainte sociale de fin d’année forte voire oppressante mais toujours librement consentie. Tu les as voulu tes gosses alors tu assumes et tu te tais. Souriez !

J’ose le dire tout haut, depuis toujours je déteste les fêtes d’école, les spectacles, les kermesses, depuis que je suis parent c’est pire et en juin, c’est une véritable infestation de rendez-vous qui se doivent d’être réussis et sympas et mobilisateurs et festifs.

A 7 ans, mon petit cabri est adorable mais ses pirouettes ne me semblent pas dignes de mobiliser une centaine de parents pendant deux heures, la plupart s’asseyant par terre dans une fournaise d’enfer. Et puis une fois qu’elle a levé les bras 2 fois, a fait son petit tour puis est repartie, moi aussi je serai bien repartie. Non, non, les organisateurs sont futés, elle est passée au début et repassera à la fin du spectacle pour le final, comme ça, toi le parent dévoué, tu es obligé de rester pendant les 2 heures complètes.

Il faut aussi savoir qu’en plus de leur présence à la fête de l’école où ils tiennent les pires stands - chamboule-tout, pêche à la ligne et maquillage -, les parents auront aussi fait le café, cuisiné un plat maison, ils sont venus la veille au soir pour préparer les salles et à deux réunions by night pour préparer l’évènement. Pour peu qu’ils soient parents délégués ils ont eu à passer une soirée supplémentaire en conseil d’école. Et en juin, il y a les rendez-vous pour les livrets scolaires, les sorties au musée avec pique-nique, les orientations, les réinscriptions, les journées pédagogiques, les grèves, les absences. Au secours ! Comment font les autres pour tenir ? Travaillent-ils à temps plein ? Ils ont l'air de tenir le choc.

En saturation totale, j’en parle. Le vernis de convenance craquèle vite. L’argument number one : ça fait plaisir aux enfants. Ouais, mais les enfants, fête ou pas fête, ils sont tout le temps contents alors je vois pas bien pourquoi je continue à me faire chier comme un rat mort au lieu de lire mon journal, dessiner ou me vernir les ongles en fluo pour ressembler à une biatch de magazine plutôt qu’à la ménagère de moins de 50 ans.

C’est décidé, l’année prochaine, je n’irai qu’à un seul spectacle de fin d’année par enfant et, en ayant 3, je considère que c’est déjà un bel effort de consenti. Je rincerai ma sacro-sainte culpabilité dans les vagues de cet été.

Le mois de juin_BD