Je viens de découvrir que le journal LE 18E DU MOIS http://www.18dumois.info/spip/ a une page Wikipédia et que d'après Libération « Ce mensuel d'informations locales se révèle un des meilleurs journaux de quartier, sérieux, varié et complet ». 

Voilà un de mes dessins local de novembre. Un dossier "manger dans le 18ème pour moins de 10 euros" se prépare pour le mois prochain...

Miel ICI_BD

Des milliers d’abeilles dans les ruches du 18e

Plusieurs dizaines de milliers d’abeilles habitent les trois ruches installées, depuis le printemps dernier, sur les toits de l’Institut des cultures d’islam (ICI), ainsi que les deux autres ruches de l’association, rue Clignancourt.

L’association Dardard propose de reverdir, ou plutôt de redorer, la ville avec un
projet original et collaboratif : la découverte des secrets de la fabrication du miel en plein quartier de la Goutte d’Or. À l’ICI, amateurs de miel, enfants gourmands, et apprentis apiculteurs se sont rendus le 1er octobre à l’atelier pour s’imprégner des savoirs et des techniques autour de la récolte et de la mise en pot du miel. Laurent, l’un des fondateurs de l’association, précise qu’il n’est pas question de donner des cours universitaires mais bien de « sensibiliser » les habitants à la culture du miel en milieu urbain, dans la continuité des chantiers autour de l’urbanisme vert.

L’endroit parfait

On y découvre les différentes saveurs et textures du miel qui, avec le temps, se transforme et offre une grande variété de goûts à partir du fruit d’un même travail. Un miel garanti sans pesticide et sans sucre ajouté, « car la ville, à l’écart de l’agriculture intensive, est l’endroit parfait pour la culture de cette précieuse substance », nous dit Laurent.             

 

Aux plaisirs doux et sucrés en bouche, s'ajoutent bienfaits médicinaux. Olivier, spécialisé dans l'apithérapie, livre ses conseils pour se soigner avec les produits de la ruche : la gelée royale, elixir tant pour la reine des abeilles que pour la santé humaine, permet de renforcer les défenses immunitaires. La propolis, résine récupérée sur les parois des ruches, constitue un remède bactéricide contre les maux de gorge. Le miel s'utilise comme cataplasme pour son effet cicatrisant et regénérateur. Olivier se sert du pollen, mélangé à de la compote, comme complément protéinique.

 

L'idée derrière cette intrigante activité que Laurent s'amuse à nommer « happy-culture, » est de reproduire ce que font les abeilles dans la ruche à l'échelle du quartier, c'est-à-dire collaborer à la production de quelque chose de commun, dans le même esprit que les jardins potagers. Les membres de l'association ont suivi une formation d'apiculteurs avant d'enfiler leurs vareuses et de passer à la pratique, l'apiculture est avant tout pour eux un loisir qu'ils souhaitent faire partager.

 

 

Les ruches de l'association sont visibles pour qui veut se familiariser avec les savoir-faire de l'apiculture, de conseils culinaires, du spectacle fascinant de rencontre du travail des abeilles et des hommes, ou tout simplement visiter cette micro-communauté voisine et bourdonnante. Sylvain, présent à l'ICI ce mercredi, rencontre souvent l'association afin d'acquérir des savoir-faire  pour l'entretien de ses propres ruches dans le massif Central.  Bel exemple de coexistence entre nature et urbanité, Laurent présente l'endroit comme « un refuge dans ce bordel urbain ».

 

À l'ICI, c'est l'heure de goûter le produit final: Olivier, un autre membre de l'association spécialisé en apiculture, partage des rayons de miel tout juste extraits du long travail des abeilles.  Là encore, manger du miel fraichement récolté s'apprend : il faut mâcher la cire pour recueillir le miel dégoulinant. Une première récolte au milieu de l'été a donné vingt-quatre kilos de miel.  Dans les prochains jours, une seconde récolte aura lieu avant de laisser hiberner les résidentes butineuses du 18e arrondissement durant l'hiver prochain. 

Article de Marie Barthomé