L'exposition 7X7 vient d'être censurée par quelques personnes de la paroisse qui nous ont imposé de faire disparaître ou de voiler 5 oeuvres. Les 2 artistes concernés, Thierry Grave et Silvestre, ont accepté par crainte des représailles, notamment la fermeture de la salle. Rappelons qu'il s'agit bien sûr d'oeuvres traitant de la luxure et que ces images qui ont choquées n'était pas là gratuitement ou par provocation mais évoquaient ce péché. On parle beaucoup de l'Islam en ce moment, que pensez-vous de l'Eglise?

Ci-dessous l'image avec laquelle Silvestre va voiler ses oeuvres ainsi que le "procès verbal" qu'il va afficher sous les oeuvres :

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FAITS

 

Voici les évènements qui ont conduit à la dissimulation de ces œuvres, après une semaine d’exposition :

Hier vendredi 18 mars en début d’après-midi un visiteur est venu me poser quelques questions sur la salle d’exposition (qui en était le responsable, était-elle lié à « Art culture et foi", quelles étaient les modalités de mises à dispositions, d’organisations?...)

Puis il a fait une rapide visite sans s’être présenté.

 

Plus tard dans l’après-midi, le Père Launay est venu me voir accompagné de cette 1ère personne et d’une seconde personne que je n’avais jamais rencontré.

Le père Launay m’a déclaré qu’il y avait « des problèmes avec l’exposition » et que certaines personnes de la Paroisse s’étaient plaintes.

 

Ces 2 accompagnateurs ont alors pris la parole en me déclarant que certaines œuvres présentées étaient pornographiques, scandaleuses et quelles allaient certainement entraîner des plaintes et des conséquences juridiques.

 

Les œuvres concernées n’étaient pas précisément désignées mais semblaient toutes se situer sur la partie de la salle située à droite en entrant, et concerner le péché de luxure.

 

Pouvant prendre la parole après que mes interlocuteurs eurent parlé plusieurs minutes, je faisais valoir que les œuvres contestées étaient montrées dans un contexte bien précis, puisqu’il s’agissait de présenter le péché de Luxure, dans le cadre d’une exposition sur les péchés capitaux.

Le premier des visiteurs m’a répondu que le seul contexte qui valait en l’espèce était celui du Carême, et que l’idée même de programmer une exposition sur les péchés capitaux  dans cette période était mauvaise.

J’ai fais valoir également que l’art religieux, tout au long de son histoire, n’a pas manqué de représentations très explicites du corps humain, lorsque le sujet ou l’impact recherché sur les fidèles le justifiait.

Le même premier visiteur m’a répondu qu’il ne se sentait pas concerné par les erreurs passées de l’Eglise.

 

En conclusion, il était convenu de mettre un message d’avertissement sur la porte de l’exposition à destination des personnes accompagnées d’enfant (ce qui était fait oralement auparavant) et que le Père Launay contacterait Frédéric Ardiet, qui gère la programmation de cette salle et expose également dans le cadre de cette exposition.

 

En fin d’après-midi le second accompagnateur est revenu en m’informant qu’il essaierait de venir dans le Week-end avec un huissier et un journaliste.

 

Puis le premier accompagnateur est venu me dire que suite au contact avec Frédéric Ardiet une solution avait été trouvé. Il ne m’a précisé pas laquelle.

 

Aucune de ces 2 personnes ne c’est jamais présentée. J’ai appris plus tard que le second était Philippe-Marie Christophe président de l’Amicale des artistes et des écrivains de Notre Dame de Montmartre .

 

C’est Frédéric Ardiet qui m’a informé en début de soirée qu’il nous était demandé de voiler  ou de décrocher certaines œuvres.

 

COMMENTAIRES

 

Si j’ai accepté de voiler ces œuvres, c’est uniquement par amitié pour Frédéric Ardiet.

 

Je tiens à préciser également que j’ai été confronté dans l’épisode que j’ai rapporté, à des gens discourtois, ne se présentant pas, voire dissimulant dans un premier temps le motif de leur visite, et ne cherchant à aucun moment l’échange véritable d’argument.

 

Dans ses conséquences, cet incident à une apparence, celle d’une concession qui pourra sembler mineure, pour ne pas embarrasser les autorités de cette église et ceux de nos amis qui souhaitent continuer à faire fonctionner cette salle dans le cadre actuel.

Il a aussi une réalité, celle de la mise sous tutelle de cette même salle par les personnes dont le comportement a été décrit plus haut.